Une journée type au boulot (part 1)

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05/06/2008 - Pays : Australie - Imprimer ce message Syndication :

A quoi ressemble mon quotidien ici ? Je ne suis pas sûr que ce soit un sujet très intéressant, mais parfois on me demande quelle sont mes horaires de travail, qu’est ce que je fais vraiment au boulot, comment ca se passe au bureau... Donc je me disais que ca serait une bonne idée de raconter ce que je fais tous les jours depuis un mois en décrivant une journée type de boulot.

Mon téléphone portable, qui fait office de réveil matin, me tire brutalement de mon profond sommeil à 7h30. Tout le monde dort encore dans la chambre sauf Gleen qui est déjà parti depuis longtemps. Il se lève à 5h30 tous les matins pour aller bosser. Mon réveil se décompose en trois phases. D’abord je sors péniblement de dessous mes couettes, juste après avoir jeté un coup d’œil  aux temps en tirant furtivement les rideaux de la fenêtre. Généralement le ciel bleu me met de bonne humeur pour la journée et constitue un catalyseur important dans le processus de mon réveil. La sonnerie de mon réveil se remet alors à sonner. Je programme un rappel par pur précaution… je me connais. Cette fois-ci, certain d’être totalement réveillé, je passe à la deuxième étape. En 10 minutes, j’ai pris ma douche et je me suis habillé. Je retourne à la chambre pour m’habiller alors que Paula est en train de se réveiller et Cédric dort encore profondément ou bien va se coucher. En effet tous les vendredis matin, après avoir passé une nuit blanche derrière le bureau de la réception, Cédric se couche juste au moment ou je me réveille. Fin prêt pour la journée de boulot, j’entame la troisième étape : Le petit déjeuner. Je me rends à la cuisine qui est généralement vide, où presque. S’il fait beau je mange dehors dans le courtyard. En guise d’encas matinal, je mange des céréales ou bien des toasts grillés (pas de baguette fraiche ici), accompagné de mon indispensable thé. Puis arrivent Steven et Elisa qui prennent également leur petit déjeuner avec moi. Comme ce n’est pas vraiment le moment de la journée où je suis le plus réceptif, je ne comprends pas grand-chose à ce qu’ils disent, quoique ca va de mieux en mieux... Steven travaille dans une banque dans la city, et Elisa je ne sais plus vraiment exactement… (Je sais j’ai honte demain je lui repose la question promis). Après cette ultime étape la journée peut enfin commencer.

Je retourne prendre mes affaires dans la chambre, je lance un « See yaa later » à Paula qui est réveillée, puis je sors de l’hôtel. Exactement tous les matins, sur le chemin qui me mène du backpack à la station de métro de Kings Cross située à 300 mètres, je croise le même groupe de lycéennes. Elles sont toutes habillées en uniforme classique typiquement anglais. Le conformisme est poussé jusque dans les moindres détails. Même jupe bleue marine, même chemisier blanc, même manteau noir, même chaussures et chaussettes noires, même cartable avec l’écusson de l’école brodé dessus, et même écouteurs blanc vissés sur les oreilles mais je ne pense pas que l’ipod fasse parti de l’uniforme officiel...

Chaque matin le quai du métro est généralement bien rempli mais je trouve toujours un place. En tout cas rien à voir avec la ligne 13 à Paris, qui contraint chaque matin les voyageurs à passer 20 minutes coincés dans le wagon, laissant comme seule latitude de mouvement le choix de tourner la tête vers la vitre graisseuse et un vieux barbu qui dégage une haleine écœurante qui pique le nez !! Non à Sydney on n’en est pas encore là heureusement. Qui dit moins de monde dit moins de train, en tout cas moins souvent. Il y a un train toutes les quatre minutes aux heures de pointe mais en heure creuse et le week-end l’attente peut durer jusqu’à 15 minutes !! Après 4 minutes de trajet. Je descends à la station suivante : « Martin Place ». Au sortir du souterrain, j’arrive au cœur de la city, au milieu d’une forêt de grands buildings modernes qui côtoient d’anciennes bâtissent tout aussi imposants. Les vieux buildings sont généralement construits en massive pierres de taille dont le couleur ocre évoque la terre rouge du bush australien. Il y a beaucoup de monde sur les trottoir, les col blancs pressent le pas pour se rendre au boulot. Je marche un dizaine de minutes avant d’arriver à mon bureau. Les bureaux d’ARUP sont situés dans une tour de 14 niveaux dans la partie Ouest du centre ville, entre Circular Quay et le Darling Harbour. J’emprunte l’ascenseur jusqu’au 10ème étage et je m’installe dans mon bureau tout en jetant au regard à la baie de Sydney par les larges baies vitrées. L’autre jour il y avait un paquebot de croisière amarré dans le port. Bon, on ne peut pas dire que je dispose d’un coin intime pour bosser. Ici tout le monde travaille dans un espace ouvert où tout le monde peut voir et entendre tout le monde. Je suis dans la partie du bureau où travaille la DTX team, (Domestic Terminal Extention team ou la Brisbane airport team) Je n‘ai pas la meilleure place puisque je tourne le dos à la circulation mais je viens d’arriver et les places juste à coté de la fenêtre sont réservée aux plus anciens... normal. Mais bon je ne me plains pas. Donc je m’installe dans mon siège plutôt confortable puis je démarre mon PC. Mes voisins sont une yougoslave et un portugais qui bossent dans les « hydraulics ». C’est la discipline qui regroupe la plomberie, les fluides spéciaux et la décence incendie. Je suis assis à coté de Paul Sloman, un ingénieur senior très sympa qui a travaillé un peu en France avec Bouygues, mais il est souvent en déplacement. Pas très loin il y a un type qui bosse dans le génie civil. C’est lui qui a conçu la structure en nid d’abeille du centre aquatique des futur Jeux Olympiques de Pékin (Vous ne pourrez pas le louper c’est un bâtiment rectangulaire tout bleu avec une structure externe en forme d’alvéole d’abeille). Derrière moi il y a Olivier, le français et Kim qui bosse avec moi sur le Pavillion (ie le hall d’enregistrement de l’aéroport) et encore plus loin Olly, Tim (qui bossent sur la centrale d’énergie) et Dimitri (le deuxième français) qui s’occupe du management des projets. Encore plus loin, sur la moitié du plateau on trouve les autres disciplines comme Génie Civil, Acoustique, Génie des façades, ceux qui s’assure que les mesures sont prises pour atteindre les cibles environnementales du projet, et les dessinateurs qui éditent les plans. Comme le Green Buidling, (la qualité environnementale) est très en vogue ici aussi, tous les projets sont notés par un organisme d’état, selon un nombre d’étoiles sensé définir le degré de qualité environnement du bâtiment. C’est l’Australian Builing Green Rate. Pour obtenir une bonne note, qui va de 0 à 6 étoiles, toutes les disciplines doivent faire des efforts, et en particulier la clim pour réduire les consommations d’électricité, de chaleur et de froid.  Comme ARUP se doit, en tant que concepteur, de montrer l’exemple, nos bureaux sont également « Environementaly friendly ». Sous chaque bureau, nous n’avons pas de poubelles, seulement une boite en carton dédiée à la collecte du papier pour le recyclage. Près du seul photocopieur du plateau situé au centre, sont installées trois grosses poubelles, une pour le papier/carton, une pour le verre et les canettes en aluminium, et une pour le tout venant. Tous le monde travaille avec des pdf. Ca me rappelle un bon vieux débat du boulot en France. « On fournit des plans en papier, au format autocad ou en pdf ?? » En tout cas ici, le papier on évite de l’utiliser, et on le réutilise autant qu’on peut pour les brouillons. Toutes les communications se font par email que l’on classe dans des répertoires du réseau informatique et un peu par fax. Grace au réseau international, on a accès au dossier de tous les projets sur lesquels travaille ARUP dans le monde. Tous les schémas, les croquis, les minutes, le s rapport, les notes de calculs sont stockées sur le réseau. On n’a pas ou très eu de rangement à coté de nos bureaux, puisqu’il n’y en a pas besoin ! Les quelques étagères sont destinées à la documentation techniques des fournisseurs et à la réglementation. La plupart des documents es et guide techniques, sont également disponibles sur l’intranet. Il suffit de se connecter et on peut tout faire depuis ce fabuleux portail. Retrouver et chater avec un collègue qui bosse dans les bureaux de Singapour, rechercher un document technique, télécharger des logiciels, s’informer sur l’actualité de la société et des projets en cours, lire le CV de ses collègues, et consulter le forum mondial ARUP si on a une question à poser à la communauté. C’est vraiment un outil très puissant.

Ici, on applique un seul règlement : le BCA, le Building Code of Australia. Cette bible est en un seul volume un condensé de nos nombreux règlements : Code de la construction et de l’habitation, code du travail, règlements de sécurités incendie, règles de l’art, innombrables DTU, décrets, arrêtés, lois, circulaires et autre règlements qu’on a en France. Cela me parait plus simple à utiliser au premier abord. De toute façon je ne sais pas s’il est possible de faire plus compliqué que la réglementation françaises. Des sociétés indépendantes sont chargées de faire respecter le Code, un peu comme en France avec les bureaux de contrôle.

Le projet sur lequel je bosse, comme tout le monde sur le plateau, est donc l’extension du terminal domestique de l’aéroport de Brisbane. Je m’occupe en particulier du système de climatisation de ce qu’on appelle le « Pavillion ». C’est le hall d’enregistrement des bagages qui comprend aussi les trois postes de sécurité. Le bâtiment de 6 800 m² ressemble à une grande bulle de verre avec un toit immense en forme de vagues. On en est au stade de la pré-étude. Le batiments a été rentré en 3D par ordinateur et je lance des simulations pour déterminer la puissance nécessaire pour climatiser cette énorme serre qui va chauffer en été.. et comme à Brisbane c’est l’été 9 mois sur 12 il y a pas intérêt à se planter. Comme d’habitude l’architecte ne nous donne pas beaucoup de place pour mettre nos équipements, quoi que cette fois ci il souhaite utiliser nos climatiseurs pour faire de la déco !! En effet on climatise l’ensemble par de sorte de grands totems qui crache de l’air froid par des buses. Il y a une trentaine de ces grosses bêtes le long des check in. Et comme on verra que ca ou presque en arrivant dans le hall, l’archi veut que ca ait de la gueule !! Bon, j’ai envoyé un dessin que j’ai fait en lui montrant le taille et la forme que ca devait avoir pour marcher, ca ne lui a pas trop plu bizarrement, il semblerait que c’était loin d’être ce qu’il avait en tête… hum !! Ca m’aurait étonné, pour l’instant on s’échange des mails mais on va faire bientôt une réunion rien que sur ce sujet… maintenant il parle de les construire en fibre de verre  transparente… ah les archis dès fois!!!

Bon voilà pour ce que je fais pour le moment. Vers 12h30,  c’est la pause lunch. Et là ce n’est pas terrible, du moins ca n’a rien à voir avec la France. Chacun quitte son poste et sort trouver un quelque chose à manger dans un food court ou un fast-food des environs, l’avalent en trois minutes, quand ce n’est pas devant leur poste de travail, puis se remettent à travailler. Personne ne parle à personne, pas de conversation hors cadre du boulot. Certains même ne prennent pas de pause et déjeunent en pleine réunion entre 12h et 14h, en parlant travail. Du coup je sors pendant une petite heure et je déambule à la recherche d’un repas du midi avant de renter au bureau. Au début je pensais que c’était parce que j’étais nouveau mais en fait non, chacun mange dans son coin. On ne peut pas dire que la pause lunch soit vraiment idéale pour cultiver les relations sociales et amicales entre collègues.

C’est drôle car je lis un livre en anglais qui raconte sur un ton humoristique les déboires d’un anglais fraichement arrivé à Paris et qui s’exaspère devant le temps que prennent les français pour manger le midi, et le temps perdu à faire la bise et se serrer la main le matin et le soir.

TO BE CONTINUED

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Damien JOLLY

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