Semaine 2 - Visite des blues Mountains

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15/04/2008 - Pays : Australie - Imprimer ce message Syndication :

A 7h30 du matin, les yeux encore fatigués de la soirée de la veille au World Bar,  je me tenais debout sur le trottoir de l’auberge le Jolly Swagen Bakapacker Hostel. Et oui comme mon nom ! Les deux canadians girls comme je les appelle attendaient avec moi le minibus qui était censé nous conduire jusqu’au Blues Mountains. Le bus venait chercher tous les participant jusqu’à leur hôtels et avait un peu de retard.

Le grand homme mal rasé qui faisait à la fois office de chauffeur et de guide avait une tête de buschmen sympathique avec ses petites lunettes rondes et son look débraillé. Lorsque que le tour des hôtels fut terminé et que la douzaine de passagers avait embarqué dans le minibus, nous sommes sortis de la ville. Le chauffeur nous a expliqué qu’il y avait une bonne heure de route avant d’arriver au premier stop dans le Blues Mountains National Park. J’en ai profité pour regarder le paysage des banlieues de Sydney que je n’avais pas encore eu l’occasion de voir. Puis, malgré le bruit insoutenable de la climatisation qui me bourdonnais aux oreilles, je me suis permis un petit somme histoire récupérer un peu de ma soirée d’hier.

Les Blues Mountains font parties de la Great Dividing Range, une chaine de montagne qui monte jusqu’à 1 100 mètres d’altitude. Elle fut longtemps réputé infranchissable et les colons mirent vingt cinq années à les traverser et enfin coloniser les plaines de l’Ouest. Au premiers temps de la colonisation, l’Australie était l’endroit où ont envoyait les condamnés de la Couronne d’Angleterre, qui ne pouvait plus être exilés en Amérique devenue indépendante. La première expédition était donc une colonie pénitentiaire, et s’installa à Botany Bay en 1788, situé à quelques encablures au sud de l’emplacement actuel de Sydney. Cette première flotte comprenait 400 colons et 750 condamnés !! Pour la plupart des petits voleurs à la sauvette et autres délinquants de bas étage qui n’avait très peu de chance de revoir l’Angleterre de leur vivant. Les forçats, étaient certains qu’en s’échappant du bagne ils trouveraient la liberté derrière cette chaine de montagne infranchissable, avec l’étrange certitude que la Chine n’était pas loin derrière…

Pourquoi appelle-t-on ces montagnes les Blues Mountains, les montagnes bleues (pour Karen J) ? Et bien l’explication est assez étrange. Il s’avère que durant les chaudes journées d’été, les huiles que dégagent les eucalyptus forment de minuscules gouttelettes qui restent en suspension dans l’air. Les rayons du soleil qui traversent ce nuage d’huile ne renvoient que la couleur bleue, si bien que depuis Sydney, en regardant vers l’Ouest, on distingue un grand halo bleu.

Le premier arrêt s’est effectué dans une petite clairière de la réserve naturelle de GlennBrook. Nous y avons pris un petit déjeuner sur place. C’est là que j’ai vu mes premiers Kangourous en Australie !! Un petit groupe d’une dizaine de kangourous s’était regroupé autour d’un Eucalyptus, parmi eux un tout petit bébé kangourou trop mignon qui restait près de sa mère. Ils m’ont paru assez petits, enfin plus petits que ce que j’imaginais. J’ai pu m’approcher assez près mais on ne pouvait pas les caresser, par contre j’ai mitraillé cette première rencontre avec mon appareil photo. Je les ais vu faire de grand bons pour se déplacer. Ils se nourrissaient d’herbes hautes sauf le petit qui fourrait sa tête dans la poche de sa mère pour y absorber des nutriments. Le guide nous expliqué que les kangourous faisaient partis de la famille des marsupiaux, comme les lémuriens et les opossums. On trouve des kangourous qu’en Australie et en Nouvelle Guinée.

Finalement, l’arrêt à duré plus longtemps que prévu puisque le chauffeur a dû remplacer un pneu qui était à plat.

Lorsque la réparation fut terminée, nous avons repris la route pour un trajet d’une demi heure jusqu’à Katoomba, le principal village de la région, où nous sommes restés une vingtaine de minutes. La ville était complètement ensevelie par un épais brouillard et le changement de température par rapport à Sydney s’est fait nettement ressentir ! Puis nous nous sommes arrêtés à un point de vue magnifique sur une grande chute d’eau. Enfin, d’après ce que j’ai pu apprécier sur les cartes postales, car la vue était totalement bouchée par le brouillard. Pour couronner le tableau il se mit à tomber une petite pluie fine qui nous fouettait le visage, qui avait le seul avantage de me rappeler la Bretagne. Le groupe est remonté dans le bus, l’air un peu frustré. Marielle, son amie et moi nous étions confectionné des sandwiches que nous avons avalé pendant le trajet qui nous amenait au point de départ de la randonnée. La randonnée de trois heures constituait effectivement le principal attrait de ce tour, quand les autres excursions ne proposaient qu’un tour des points de vus touristiques du coin.

Un autre guide nous a rejoints. Le groupe s’est séparé en deux, ceux qui étaient d’attaque pour descendre jusqu’au fond des gorges et braver le climat froid et humide de la forêt et ceux qui préféraient rester au chaud dans le bus. La tête couverte d’un chapeau à large bord, notre nouveau guide, James, est à n’en pas douter un gars du coin qui connait le bush comme sa poche. C’est lui qui nous guidera pour la randonnée. Sur son fin visage vieillissant, on devinait des yeux entrainés qui étaient capables de repérer de très loin la moindre espèce d’oiseau de la forêt. La pluie nous a donné quelques instants de répit le temps d’entamer la descente.

La rain forest, comme je devais l’apprendre, est un nom générique pour signifier les forets sauvages du bush australien. On trouve des forêts tropicales dans le nord du pays et des forets à la végétation plus classiques dans le sud. Celle-ci était peuplée en majorité d’Eucalyptus, d’une multitude d’espèce d’arbustes exotiques avec de larges palmes, d’arbres gigantesques aux troncs ramifiés et d’une espèce assez curieuse qui ressemble à un palmier de 2 mètres environ, avec au sommet les mêmes fougères que nous connaissons en France. Une bonne partie de la forêt a été ravagée en 2002 par un incendie causé par un orage. Ce qui explique les troncs d’arbres calcinés et les arbres morts, mais le guide nous a expliqué qu’en trois ans la nature avait repris ces droits. Comme en France, la forêt n’échappe pas à la folie des pyromanes, dont les incendies ont ravagés d’autres zones du parc. James nous expliquait que les pyromanes choisissaient les journées les plus chaudes et quand le vent souffle fort pour embraser la forêt !

En bas de la vallée, nous avons longé un ruisseau puis nous avons fait une pause à l’abri d’un immense rocher. James nous a dit qu’en été, l’endroit était parfait pour passer une soirée au coin du feu en contemplant les étoiles. « L’eau claire du ruisseau est parfaitement potable » nous a assuré le guide, avant de nous préciser qu’une année il avait tout de même été obligé de se faire soigner à l’hôpital à cause d’une sorte de virus qu’il avait ingéré en buvant l’eau du ruisseau. J’ai préféré boire une gorgée de coca cola, tout en me demandant si l’eau du ruisseau était plus ou moins dangereux que cette boissons chimique… Puis l’excursion s’est poursuivie en longeant le ruisseau qui continuait à s’écouler au fond d’un profond canyon. A un moment, le guide nous a fait nous assoir par terre et nous à demandé de respecter une minute de silence. Pendant la minute, nous devions écouter le bruit de la forêt. Au bout de 30 secondes, nous n’entendions rien de plus que le bruissement des feuilles dans les arbres. Puis une secousse s’est fait sentir près d’un buisson, suivi de petits cris secs. C’était deux oiseaux que se chamaillaient pour un morceau de nourriture et un peu partout autour de nous des bruits d’insectes se sont réveillés. James avait voulu nous montré à quel point la forêt était pleine de vie, mais qu’à notre passage tous les habitants de la forêt se rendaient invisibles. En reprenant notre chemin, le timide réveil de la faune se mua de nouveau en silence. Nous sommes passés près de plusieurs cascades, puis la randonnée s’est terminée par une longue remontée. En haut, le brouillard s’était légèrement dissipé, nous permettant de profiter d’une splendide vue sur toute la vallée. En attendant que le minibus vienne nous rechercher, James nous a raconté la triste histoire d’un jeune homme de 17 ans qui s’était égaré dans la forêt après avoir perdu son groupe. Sans eau, il a cherché désespérément à rejoindre la route, mais plus il paniquait plus il se déshydratait, il était devenu tellement faible qu’il titubait et à fini par tombé d’une falaise… James nous a alors expliqué comment il est possible d’exploiter la forêt pour se nourrir. Les aborigènes avaient l’habitude de s’alimenter de la racine d’une petite fougère, de fleurs bleues dont le gout est sucré, de fruits, de baies sauvages, et aussi de la chasse d‘oiseaux ou de rongeurs. C’était très intéressant mais triste de se dire que tout ce savoir était en train de se perdre…

Nous avons rejoint le reste du groupe dans le minibus et nous nous sommes arrêtés à un point de vue touristique sans aucun intérêt, puisque le brouillard épais masquait la vue. Nous avons ensuite repris la route vers Sydney.

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Damien JOLLY

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