Road trip - 7 aout - Lennox Head - Ninbin - Surfer Paradise

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27/09/2008 - Pays : Australie - Imprimer ce message Syndication :

Jeudi 7 aout – Lennox Head –Ninbin – Surfer Paradise (236km)

Au réveil, le soleil tapait déjà fort sur la carrosserie du van, nous forçant à nous lever étant donnée la chaleur étouffante qui commençait à s’accumuler à l’intérieur. Un autre van s’était garé à coté durant la nuit, ses occupants étaient en train de prendre le petit déjeuner devant l’océan, alors que les premiers promeneurs de la journée arpentaient déjà la grande plage de Lennox. J’ai fait chauffer de l’eau pour mon thé tandis qu’Aneliz se tartinait des toasts au Nutella. Les yeux rivés sur la mer, nous avons apprécié notre p’tit déj, l’océan était devenu maintenant presque notre paysage quotidien du matin. Avant de partir pour Ninbin, notre prochaine destination, j’ai voulu profiter de l’occasion pour faire un long footing le long de la plage. Anéliz est restée près du van à bouquiner, pendant que je courais sur la plage, les pieds rafraichis par les vagues qui venaient vigoureusement me lécher les pieds. Il y a rien de plus plaisant au monde que de faire un footing matinal, pieds nus dans le sable. Mon ipod branché sur les oreilles, j’enchainais les foulées en écoutant la musique entrainante des Kooks, réalisant le bonheur et la chance d’être ici même sur ce bout de plage, sur ce modeste coin de paradis. Une pensée m’est venue à l’esprit, imaginant qu’au même instant à Paris, les gens s’apprêtaient à se coucher pour aller travailler le lendemain. Que deviennent mes collègues à Paris, mes amis, et ma famille ? Etre si loin d’eux rends le contact difficile, et cette vie d’avant me manque parfois, mais après tout j’étais mieux sur ma plage déserte plutôt que dans mon 30 mètres carrés à Paris ou bien bloqué dans les embouteillages et la pollution parisienne. Au bout d’une petite demi-heure j’ai fait demi-tour et je suis reparti en direction du van, apercevant au loin la silhouette grandissante d’Anéliz qui m’attendait assise en train de lire sur le sable.

Nous avons quitté Lennox avec regret, cet endroit était vraiment plaisant - une petite ville sans prétention, mais très calme et reposante. J’ai rejoint la Highway que nous avons suivi sur seulement quelques kilomètres avant de prendre vers l’ouest et de s’enfoncer pour la première fois de notre voyage à l’intérieur des terres. Les paysages se sont vite transformés, le plat de la cote à laissé place à de jolies collines verdoyantes, jonchées de petites exploitations qui cultivaient des fruits et légumes. Il y avait aussi des élevages de bovins et de vaches. Les fermes étaient souvent très éloignées les unes des autres et il nous a fallut rouler plus d’une heure sur l’étroite route bosselée avant d’atteindre la première grande ville… Enfin grande pour le coin, car la ville était en fait qu’un longue rue bordée de vieilles boutiques qui semblait hors du temps et de quelques restaurants un peu glauques. En sortant de la ville, nous avons suivi la direction de Ninbin, et nous sommes retombés aussitôt sur la petite route qui cheminait entre les champs et les collines. Après avoir été retardé par un camion, au bout d’une soixantaine de kilomètres sans avoir croisé autre chose que de vieux 4x4 et des tracteurs roulant au ralenti, nous sommes arrivé en fin de matinée au village rue de Ninbin. Sans son statut particulier, la petite ville de Ninbin serait restée au rang des petits patelins inconnus d’Australie, loin des sentiers battus par les touristes. En effet, Ninbin tient sa renommée du fait qu’il y est facile d’y acheter et consommer… du cannabis.  La ville est une sorte de lieu de non droit où la consommation et la vente de cannabis et autres dérivés narcotiques doux est tolérée par les autorités. Les baba-cool, hippies et backpakers en quête d’évasions spirituelles ou de sensations délirantes viennent pour voir, consommer ou bien militer pour la légalisation du Cannabis. Le village n’est constitué que d’une seule rue, bordée de bar-restaurants et de quelques épiceries classiques, d’un musée du cannabis mais surtout et principalement de boutiques vendant des gadgets et des souvenirs à l’effigie du cannabis, des fringues en chanvre et tous les accessoires dont peut rêver un rouleur de joint. Broyeur à beuh, briquets fantaisistes, feuilles à rouler, cendriers, cartons, tabacs parfumés, narguilés de toute taille et tous les accessoires qui vont avec… Tout ce qu’il faut pour consommer… sauf la drogue. Soyons clair, il est interdit de consommer de la drogue à Ninbin, et le poste de Police situé à l’entrée de la ville est là pour le rappeler. Mais on se demande bien à quoi il peut servir en voyant les dizaines de dealers qui squattent le trottoir, proposant de la beuh, du shit, des joints pré-roulés, des spaces cakes et autres produits illicites… Malgré la facilité pour s’approvisionner, personne de fume dans la rue, les petits méfaits se font à l’arrière des boutiques, où de petits groupes se passent relativement discrètement le joint de mains en mains, à peine l’abri des regards. Nous nous sommes promenés dans la rue, refusant gentiment les avances des dealers… Si si Maman je te jure !! La seule chose que nous avons acheté à Ninbin, ce sont quelques fruits et légumes provenant des fermes du coin. Non, en fait Ninbin n’a pas beaucoup d’intérêt, et nous ne sommes pas restés plus d’une heure. Une fois notre curiosité satisfaite, après avoir trainé dans les boutiques et rapidement visité le musée, nous avons repris le van et nous sommes sortis du village pour pique niquer sur le bord d’une petite route.

La route n’était pas fréquentée donc nous nous sommes installés comme chez nous à l’ombre d’un grand arbre, après avoir installé la table et les chaises de pique nique. J’ai sorti une bouteille de vin rouge et préparé une petite salade de riz au thon. Pour le dessert, nous avons mangé de délicieux fruits du coin que nous avons acheté à Ninbin. En toile de fond de ce déjeuner nous avions le bush australien, calme et reposant, troublé de temps à autres par les cris des oiseaux. Anéliz à trouvé les fruits tellement bons, en particulier les pamplemousses, que nous sommes retournés à Ninbin juste pour racheter des fruits.

Je me suis garer dans le parking qui était situé à l’arrière des boutiques, et alors que j’attendais Anéliz dans le van, j’observais les gens fumer en groupe ou tous seul. J’ai réalisé que les gens ne prennaient pas que de la marijuana, mais aussi des trucs plus durs, des champignons majiques, peut être. Toujours est-il que j’ai assisté à une bagarre d’une rare violence, qui à d’un coup refroidi l’atmosphère baba cool des fumeurs de joints inoffensifs. Un gars s’est approché d’un groupe de 2 ou 3 personnes qui fumaient autour d’une table de pique nique. Il marchait rapidement mais d’un pas mal assuré. Il s’est dirigé droit sur un des mecs, s’est élancé en prenant appuis sur la table, puis s’est abbatu sur lui en lui décrochant à plusieurs reprises des coups de poing au visage, les mains nues. Au lieu de réagir et de s’enfuir, l’autre gars encaissait les coups sans en rigolant, trop drogué pour se rendre compte qu’il se faisait massacré la gueule. Le mec est revenu à la charge deux ou trois fois, sans que personnes ne fasse rien. Ils avaient l’air de se connaitre puisque qu’ils riaient de ce jeu stupide. Drôle de manière de s’éclater !

Anéliz est revenue et nous avons quitté Ninbin, un peu déçus pour le peu de chose à voir mais content d’avoir visité cette curiosité.

Le trajet a duré encore une bonne heure et demie avant de rejoindre la Highway. Nous n’avions pas de destination, juste monter vers le nord jusqu’à Surfer Paradise ou bien Brisbane. Puis nous sommes arrivées dans une ville qui semblait déjà plus touristique, plus artificiele que Byron Bay, avec des immeubles avec appartements sur le front de mer, des boutiques touristiques, genre station balnéaire de La Baule. Nous nous sommes arrêtés pour une petite pose. La plage donnait sur une immense bay et au loin, de l’autre coté de la baie, se détachait la skyline d’une immense ville. J’ai d’abord cru que nous apercevions Brisbane, mais Brisbane n’est pas au bord de la mer. Non, cet amas de grattes ciels qui semblaient avoir les pieds dans l’eau était en fait Surfer Paradise… la plus grosse ville cité balnéaire de la cote !!! De loin, on aurait dit Manhattan en plein milieu de l’Australie ! Un très grand building se détachait des autres, avec une flèche gigantesque !!! Mais qu’est ce que tous ces buildings font ici ??? Poussé par la curiosité, nous avons repris notre route, en traversant les suburbs de plus en plus denses à mesure que nous approchions de la ville. Ce n’est que vers 17h30, à la tombée de la nuit que nous avons pénétré dans la ville, retardés par le trafic de la fin de journée. Anéliz et moi avions l’impression oppressante d’être revenu à Sydney. Une jungle de buildings, plus originaux les uns que les autres, nous entourait et nous donnait le tournis, surtout après notre tour dans la campagne ! La plupart d’entre eux étaient des hôtels de luxe. Le centre ville était encore animé grâce aux centres commerciaux qui attiraient encore une quelques touristes tardifs, mais d’une tout autre classe que les backpackers ! C’était étrange, les gens dans la rue ne parlaient pas anglais, mais arabe, japonais ou indien. On avait l’impression de s’être retrouvé au moyen Orient, à Dubaï !! Jusque ici, aucun village que nous avions traversé rien ne ressemblait à Surfer Paradise ! Après un rapide tour en ville et un repas diététique au Mc Do J, nous avons décidé de trouver un coin pour dormir…

Eh Eh ! Pas si évident dans cet endroit ultra urbanisé. J’ai pensé qu’en nous éloignant des tours du centre ville nous aurions plus de chance de trouver un emplacement tranquille ou un parking ! Mais la cote n’en finissait pas, le bord de mer était bordé d’immeubles et d’hôtels et il n’y avait pas beaucoup de coins adéquats, pire, devant chaque parking public trônait une pancarte qui ne pouvait pas être plus explicite quand à l’interdiction formelle de passer la nuit dans la voiture ou de camper, sous peine de lourdes amendes ! Il était évident que pour trouver un endroit convenable il fallait s’éloigner de la cote et de la ville. Mais il était déjà tard et nous n’avions pas envie de reprendre la route, encore moins de nuit. Et puis nous voulions rester à Surfer Paradise pour quelques jours. En Pendant que nous errions sur la route à la recherche d’une place, Aneliz avait repéré un camping, situé au bord de la plage, juste à la sortie de la ville. On s’est alors dit qu’il fallait de toute façon se faire un camping pour savourer une bonne douche chaude. Mais ce caravan park avait l’air assez cher et était entouré de buildings mais il avait au moins l’avantage de n’être éloigné de la ville que de 2 ou 3 kilomètres. L’idéal pour visiter la ville à pied et laisser le van en sécurité ! On s’est donc décider à y aller tôt le lendemain mais de passer cette nuit dans le van dans une rue calme. Continuant notre chemin, nous avons longé encore un peu la cote, puis traversé un énorme pont et dépasser la marina et le Sea World, un parc d’attraction dédié au monde marin ! Car Surfer Paradise est aussi réputé pour ces nombreux parcs d’attractions, qui sont situés en périphérie de la ville. Au bout de 10 minutes de trajet sans véritable destination, nous avons enfin trouvé des zones moins urbanisées, qui ressemblaient à une sorte de zone industrielle désertée pour la nuit. On a opté pour une rue sans trop de voitures stationnées et j’ai garé le van sous un arbre, de manière à être à l’ombre du lampadaire qui éclairait la rue. Aneliz n’était pas rassurée par l’endroit, qui restait malgré tout relativement éclairé, et assez proche de la route principale, sur laquelle les voitures de Police patrouillaient. Je n’étais pas très convaincu du spot non plus, et si les flics venaient à passer dans la rue,  notre maigre couverture ne tiendrait pas longtemps. Je me suis quand même montré rassurant envers Anéliz, qui aurait préféré, je le savais bien, dormir au camping. Nous avons quand même essayé de surmonter notre peur et tenter de trouver le sommeil. Mais à chaque voiture qui passait, à chaque bruit inhabituel, la peur du gendarme rendait vains nos efforts pour dormir ! J’étais mal à l’aise aussi. Anéliz ne pouvait vraiment pas fermer l’½il et quand elle ma dit qu’elle s’apprêtait à passer une nuit blanche à stresser, j’ai consenti à reprendre le volant et retrouver le camping sur le bord de mer pour passer la nuit plus sereinement. Et c’était reparti ! Nous avons retraversé en pleine nuit le long pont qui enjambait la rivière, dans le sens inverse, repassé devant le Sea World et retrouvé le Caravan Park. Le seul problème est que la réception était fermée. Plus moyen de dormir en camping ! Merdeee !! Anéliz était désespérée… Nous avions « loupé » la fermeture de 10 minutes seulement !!  Nous avons donc re-repris la route pour tenter de s’évader complètement de Surfer Paradise, malgré qu’il fût tard. Cette fois ci, nous avons pris l’autoroute pendant près de 20 minutes, mais la ville n’en finissait pas… les quatre voies étaient quasi désertes à cette heure et finalement, j’ai pris une sortie un peu au hasard jusqu’à tomber sur une zone industrielle, à coté de Movie World. Quelques rues étaient calmes mais pas moyen de trouver de coins vraiment tranquille tant les quartiers étaient éclairés… Je commençais à perdre patience à chaque fois qu’Anéliz refusait le coin que je proposais, il est vrai, un peu par dépit. Le coin était trop près des maisons, pas assez désert, trop éclairé, pas assez éloigné de la route principale… Je commençais à être vraiment fatigué !

Au bout d’une quinzaine de minute à tourner en rond, on est finalement tombé sur une impasse au bord d’un petit bois. Nous avons continué un peu le long de la route à peine éclairée, croisés un couple de Daims surpris par nos phares, puis nous nous sommes enfin décidés à nous poser devant une grande maison dont les lumières éteint éteintes, avec devant une pancarte inscrite « Catholic Church ». Supposant que l’endroit devait être déserté pour la nuit, nous nous sommes définitivement installés et cette fois ci nous nous sommes endormis rapidement, fatigué par cette très longue journée.

 

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Par marie-annick
le 12/10/2008 à 19:54:10


Dure dure la vie de routards fauchés!!

Bonjour les décharges d'adrénaline!!

Alors,ça s'est terminé comment?

J'attends la suite

Bigs bisous
Par didier v
le 21/10/2008 à 08:22:14
pas facile du tout la vie de baroudeur!...je suis par contre tres content de lire votre carnet de voyage a nouveau car je n avais plus l adresse (informatique quand tout va mal) et ce week end on a vu VICTOR qui nous l a redonner .je suis presse de connaitre la suite de vos aventures australienne je vous fais de gros bisous et bonne route....tonton

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Damien JOLLY

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