Road trip - 2 août - Départ Sydney - Seal Rocks

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21/09/2008 - Pays : Australie - Imprimer ce message Syndication :

Samedi 2 août 2008 – Départ pour la cote est – Sydney – Seal Rocks (321) km

Ca y est les vacances commencent ! Après un mois de Juillet à bosser pendant qu’Anéliz restait à la maison, je suis enfin officiellement en vacances pour un mois !! En plus, grande première, je vais enfin quitter Sydney et découvrir le reste du pays, qui aura un « air » d’Australie plus authentique que la vie citadine qui après tout ressemble, à peu de chose près, à toutes les cités internationales. Le premier jour du voyage a donc été bien chargé en émotion et taches, heureusement et bon signe pour le premier jour, le temps était magnifique, un beau ciel bleu sans nuage et un bon soleil !

Il nous a tout d’abord fallu rassembler nos affaires et faire tout nos bagages, faire le check out avant 10 h puis entreposer nos sacs dans le packstore. Le packstore, c’est une petite remise où les gens entreposent leurs sacs pour la journée, pour ne pas se charger inutilement avant de prendre l’avion le soir par exemple. Nous avons donc laissés nos lourds fardeaux à l’hôtel puisque nous reviendrons avec le van pour les chercher plus tard. J’ai aussi laissé un sac avec mes affaires de boulot et les trucs qui seront inutiles pendant notre road trip. J’ai gardé mon ordinateur portable pour regarder des films et prendre des notes, mais je ne sais pas si on trouvera souvent de l’électricité pour recharger les batteries !!

Nous sommes donc parti pour l’entrepôt Wicked Camper pour aller prendre possession du véhicule dans lequel nous allons dormir, manger, conduire pendant un mois entier. Après 40 minutes de métro, nous sommes arrivés dans une banlieue tranquille de Sydney. Puis nous avons marché  une vingtaine de minutes. L’endroit n’était pas facile à trouver, en fait c’était un petit bungalow avec un parking en terre derrière, tellement discret que nous sommes passés devant deux fois sans le remarquer ! Une jeune fille nous à accueilli. Après avoir discuté un peu, il est venu le moment de payer, et là j’ai eu soudain un coup de flip quand elle m’a demandé comment je comptais payer la caution. La caution ? En effet la caution était de 2 200 $ mais je n’avais pas pensé qu’ils allaient me la retirer de mon compte !! Oh Oh ! Problème N°1 s’ils retirent cette somme sur mon compte ou celui d’Anéliz, on n’aura plus de quoi payer les frais du voyage, Problème N°2, je ne peux pas retirer plus de 500$ par jour avec ma carte australienne !! Problème N°3, mon compte en France est à sec, j’y ai laissé genre 200 euros pour les frais ! La solution nous à couté 270 $, autant d’argent en moins pour nos loisirs – snif – on a pris une assurance à 10$ par jour pour faire descendre la caution à 500 $ que j’ai pu payer avec ma carte bleu australienne ! Ouf, j’ai bien cru un moment que le voyage s’arrêterait avant même d’avoir commencer !

La mauvaise nouvelle à demi-digérée, on nous a montré notre van, et là je me suis senti déjà mieux !! Il était super classe !!! Tout décoré de partout sur le thème des Rolling Stone ! Nous avons donc fait la connaissance de Mick Jagger, c’est son nom. La carrosserie était peinte absolument de partout y compris à l’intérieur. Seuls les roues, le pare-choc et le châssis ne sont pas décorés !! Sur tout le coté droit il avait un été tagué en grand Rolling Stones en violet sur fond bleu avec au milieu le logo des Stones : la fameuse bouche qui tire la langue ! Sur le coté gauche avait été dessiné la tête caricaturée de chacun des membres du groupe légendaire. L’avant est tamponné d’un grand Wicked rouge, histoire de faire de la pub. Sur le coffre, entre le pare brise arrière et la plaque d’imatriculation du Victoria, était inscrit en blanc la phrase : “There is two theories to arguing with a woman, neither one works !”. A l’intérieur, la peinture continuait sur toutes les parties de carrosserie et sur le toit ! Le gars nous a fait faire le tour du véhicule pour l’inspection de l’état du van. Bon, comme le vrai Mick Jagger, il a pas mal bourlingué et est un peu abimé ! Quelques bosses ca et là, un ou deux éclats sur le pare brise, autant de cicatrices qui trahissent son âge avancé : 325 000 kilomètres au compteur quand même ! A l’arrière, le coffre s’ouvrait sur une ingénieuse petite kitchenette constituée d’un meuble en bois avec des espaces de rangement et d’un évier sur le dessus, équipé d’un astucieux robinet à pompe qui puise dans un jerrican de 15 litres. L’équipement de cuisine était simplement réduit à quatre assiettes et deux gobelets en pastique, une casserole, une poêle et des couverts, ainsi que d’une glacière (esky) et d’un réchaud à gaz monté sur une grosse bouteille de gaz qui selon le gars venait d’être changée par les derniers utilisateurs. Sur le coté, une porte coulissante permettait d’accéder aux couchettes au confort spartiate mais pratique, constituée de trois matelas, posés sur une structure en bois. Une fois les matelas dégagés, la structure s’avérait être bourrée de compartiments de rangement, et il y avait même un ingénieux système qui permettait de transformer la couchette en salle à manger en faisant sortir une table ! Pratique quand il pleut. Nous avions de quoi dormir, deux couvertures, des draps, des oreillers… et de quoi prendre le petit déjeuner dehors grâce à deux chaises pliantes dépareillées et une table en bois qui s’apparentait plus à une table de chevet branlante une fois dépliée. L’avant, à deux sièges, était équipé sur la gauche d’une boite à gant décoré d’un sticker avec une autre citation mystérieuse de Lennon : « Life is what hapens to you while your busy making other plans », d’un rétro décoré de menottes à fourrure rose, d’un auto radio KENWOOD à CD et à droite se trouvait la place du conducteur sur laquelle j’allais bientôt passer des dizaines d’heures. Le tableau de bord était ultra simple, à trois cadrans pour la vitesse, la température et la gauge d’essence, plus un petit cadran qui avait été rajouté pour donner encore la température du moteur. Avant de me montrer le moteur qui était en dessous des sièges le mec m’a dit qu’il fallait arrêter de rouler pour laisser la mécanique refroidir lorsque l’aiguille atteignait le milieu de cadran. Inquiétant quand même ! Quand il m’a ensuite expliqué qu’un entretien du moteur était à faire tous les jours, je m’imaginais déjà accroupi les mains dans le cambouis, à démonter et nettoyer les bougies, retendre la courroie de l’alternateur et nettoyer le radiateur !! En fait non ! Il m’a simplement conseillé de vérifier les niveaux d’eau dans le réservoir et le radiateur, ainsi que le niveau d’huile du moteur. Si l’huile venait fuir, j’étais autorisé à en racheter pour remplir le réservoir. Rassurant ! Une fois toute la paperasse effectuée, les clés de Mick Jagger en ma possession, le moment était venu pour moi d’apprendre à conduite à l’anglaise. En regardant le van avant de partir, je me suis dis qu’il avait un style d’enfer mais vraiment tape à l’œil, en songeant qu’on risquait d’avoir du mal à passer inaperçus pour dormir à la sauvage dans la rue.

A chaque fois que ma main droite heurtait la portière en cherchant désespérément la boite de vitesse je maudissais les anglais d’avoir colonisé l’Australie et d’avoir exporté avec eux  leur foutu sens de conduite. Heureusement les voiture anglaises se sont pas complètement fabriquées à l‘inverse des notre, les pédales sont disposées de la même manière et les vitesses se passent dans le même sens, première en haut à gauche ! J’ai expérimenté la conduite à gauche dans les petites rues du quartier avant de m’aventurer sur des boulevards plus animés. Bon, c’est une question d’habitude à prendre en fait, mais il faut rester alerte et vigilant et repousser de toutes ses forces cette irrésistible envie de prendre la voie de droite ! Autre difficulté, se mettre dans l’esprit que le gabarit du véhicule est à gauche, et non à droite. En effet, l’habitude de centrer le véhicule en plaçant son axe de vue sur la gauche de la voie est difficile à se débarrasser et j’avais la mauvaise manie de serrer dangereusement à gauche, donc de frôler le trottoir !  Bon, après un certain temps on s’y fait. La conduite à gauche s’est avérée moins compliqué que je pensais. Mais faut quand même rester concentré ! J’ai bien eu quelques frayeurs sur les carrefours en prenant par reflexes la voie de droite en sens inverse. Là ca fait tout drôle de se retrouver avec une horde de voiture qui vous fonce droit dessus. Après quelques goutes de sueur on pige vite !

Une fois que j’avais le van bien en main, nous nous sommes arrêtés à la station essence pour faire le plein. En effet, contrairement à la plupart des locations, les vans ne sont pas rendus avec le plein, donc le but du jeu est de rendre le véhicule avec le moins d’essence possible, en essayant d’éviter la panne sèche tout de même. Notre réservoir était donc à sec. Le van roule au sans plomb (Unleaded), heureusement, contrairement à la France, le diesel est plus cher que l’essence. Le prix du litre varie beaucoup en Australie, en fonction de la distance d’approvisionnement et des taxes différentes selon les états. A Sydney, un litre d’unleaded s’achète à 1,6 $, mais il peut osciller entre 1,38 $ sur la cote à plus de 2 $ dans l’outback profond. Une fois que notre Mick Jagger avait étanché sa soif, nous devions rejoindre King Cross en affrontant le trafic de Sydney et sans trop savoir par où passer. Heureusement, les buildings se voient de très loin et j’avais assez tourné à pied dans la ville pour reconnaitre comment aller à King Cross. J’étais fier d’avoir réussi à effectuer un beau créneau pour garer le van devant l’hôtel, ce qui n’était pas facile étant donné la taille de l’engin, le volant à gauche et le trafic qui s’impatientait derrière. Nous sommes ensuite allé au Coles pour les grandes courses ! La liste comprenait essentiellement des pates, du riz, des soupes, des boites de conserves, ainsi que de la charcuterie, du pain, des céréales du jus de fruit, du nutella, des chips, des cookies, du beurre, du lait, des fruits etc… Bref de quoi tenir plusieurs jours. Nous avons chargé les courses dans le van, manger un burger au Mc Do, puis nous avons été faire un tour à la librairie pour envoyer un dernier mail avant le départ. De retour à l’hôtel, c’était le temps des adieux à ceux qu’on n’allait pas revoir, comme Renée, Pete et Stefan ! On a récupéré nos affaires dans le packstore, puis c’était le départ !!!

Bien que la température soit un peu fraiche, le grand ciel bleu était illuminé d’un beau soleil étincelant, une journée parfaite pour un début de vacances. Finalement, nous n’allons pas nous arrêter au Blues Mountains, l’appel des températures plus clémentes du nord était plus fort !! J’ai donc pris la direction de Newcastle, en empruntant la PACIFIC HIGHWAY, l’autoroute qui longe la cote Pacifique de l’Australie sur des milliers de kilomètres. C’est un peu l’artère centrale qui dessert la majorité des villes de la cote. En réalité ca n’est pas du tout comme les autoroutes que l’ont connait en France, sauf peut être à la sortie de Sydney sur 100 km, mais ensuite la PACIFIC HIGHWAY devient une deux fois deux voies, puis une route à deux voies avec des élargissements pour dépasser (comme une nationale), et il arrive parfois d’être arrêté par un feu rouge à cause des travaux ou bien en traversant les nombreuses villes sur son passage. La vitesse autorisée ne dépasse jamais les 110 km/h en Australie. C’est 110 km/h sur les rares portions de deux fois deux voies, mais 100 km/h ou 80 km/h la plupart du temps. A la traversée des villes, la vitesse maximale autorisée descend à 60 km/h, et même 40 km/h devant les passages piétons des écoles. Tout le monde respecte les vitesses, en particulier à la traversée des villes et des zones de travaux. De toute façon, comme maintenant un peu partout en France, de nombreux radars automatiques sont installés sur les routes et signalés à l’avance.

Il nous a fallu presque une heure pour sortir de Sydney. Nous avons d’abord traversé l’impressionnant  Harbour Bridge, puis les interminables banlieues du nord de Sydney, puis enfin le bush s’ouvrait à nous, d’immenses étendues de forets d’Eucalyptus s’étendaient sur un paysage vallonné qui laissait apercevoir de temps à autres de belles vues sur l’Océan. Nous avons roulé 3 heures environ jusqu’à Newcastle, et fait un stop pour essayer de comprendre comment allumer ces foutus feux de route alors que la nuit commençait à tomber. 2 heures de route de nuit plus tard dans le bush à tenter d’éviter de shooter les kangourous, nous sommes arrivés à notre premier stop : Seal Rocks.

Le tip m’avait été donné par Olivier, mon collègue français à ARUP. Le petit village perdu de Seal Rock était composé de quelques baraques, d’une belle plage et d’un camping, mais le coin est surtout réputé pour sa magnifique plage, un spot connu que par les quelques surfeurs locaux. J’avais donc en main la carte dessinée par Olivier sur le coin d’une feuille. La plage paradisiaque était incluse dans le domaine d’un parc National, mais nous devions nous arrêter pour dormir et nous avons remis la visite de la plage le lendemain. J’étais fatigué de conduire et mon dos me faisait un mal d’enfer !! En tournant un peu, nous avons repérer un route bordée de résidences en bois peint, nous nous sommes garés dans un endroit assez éloigné des réverbères pour rester le discret possible, en espérant ne pas être stationné devant la maison du shérif du village. Pour notre première nuit, nous n’étions pas très rassurés de dormir à la sauvage mais fallait bien une première fois ! Je gardais un œil ouvert tandis qu’Anéliz flippait à chaque fois que les phares d’une voiture qui passait venait illuminer notre coin d’obscurité !! D’autant plus qu’une fois que la chaleur du moteur s’était dissipée, Il s’est mis à faire plutôt froid dans le van et nous n’avions pas de trop des draps et de nos couvertures…

Nous avons mis quelques temps à trouver le sommeil puis nous nous sommes finalement endormis sous nos couvertures, pour notre nuit de baptême dans notre van !!

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Damien JOLLY

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