Puncheon - Part 3

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14/02/2009 - Pays : Australie - Imprimer ce message Syndication :

Les autres oiseaux du coin sont de cygnes noirs, les mouettes du Pacifique (plus grosse que nos mouettes à nous), des oies sauvages et les pélicans. Les contours de l’île sont majoritairement rocailleux, mais il y a parfois quelques petites plages de sable. Nous avons suivi Paul sur une petite langue de terre qui a été découverte par la marée basse. Au bout d’une longue marche pied-nus sur un lit de petites moules qui craquait sous nos pieds, nous sommes arrivés sur un minuscule îlot habité principalement par les mouettes. Elles tournoyaient au dessus de nos têtes en lançant des cris d’avertissement. Paul a plongé sa main dans un petit terrier et a retiré, un petit oisillon au pelage gris qui se débattait à coup de becs, le tout sous l’½il impuissant des parents. Il était vraiment beau. On l’a remis dans son nid et un peu plus loin, nous sommes allés pêcher quelques crustacés. Paul s’est mis à l’eau et nous l’avons suivi. Il nous  a montré comment attraper les Abalones. Ce sont de gros crustacés, qui peuvent atteindre une quinzaine de centimètres pour les plus grosses. Elles sont très recherchées, surtout les vertes. En gros ca ressemble à un très gros escargot de mer dans une coquille nacrée, qui est très utilisée pour aire des bijoux. Paul s’est mis à l’eau jusqu’au ventre et a repérer une abalone accrochée à un rocher, en la prenant par surprise lorsqu’elle avait relâchée la pression, il a réussi à l’attraper. C’était un verte de dix centimètres. Il nous a assuré que c’était délicieux et surtout très cher. Un coquillage comme celui que nous avons attrapé se négocie à 50$ pièce en poissonnerie ! En continuant le tour de l’ile, nous avons pêché des palourdes en ratissant la vase, ainsi que des huitres sauvages. Le truc c’est que ces huitres étaient accrochées aux rochers et qu’il n’était pas possible de les décrocher sans les casser. Nous avons donc récupérer celles qui était sur les petits cailloux qu’on a pu porter jusqu’à la cabane.

De retour à la maison de Pattie, nous avons jeté notre butin dans la glacière et commencer à monté la tente, qui allait être notre endroit pour dormir pour les prochains jours. Pattie nous a donné une tente bleue de 6 places toute neuve en disant : « Vous choisissez un endroit n’importe où sur l’île et vous plantez la tente ». Notre endroit était vite trouvé, juste derrière le potager avec une vue admirable sur la mer. Au loin, on pouvait voir l’épave d’un navire ensablé qui datait du début du siècle et plus près sur la droite, le tracteur envasé pointait son nez à chaque marée haute.

Le soir nous avons diné ensemble et nous avons mangé du Flat head, un poisson local délicieux, que Pattie avait pêché quelques jours auparavant. Ce poisson est vraiment délicieux, et quand on s’imagine en le mangeant qu’il a été pêché à 500 mètres on le déguste d’autant plus. Le lendemain Pattie allait nous montrer comment jeter les filets. Je ne pouvais pas attendre de jouer les Robinsons moi-même ! Une nouvelle fois, nous avons mangé un succulent repas, accompagné de vin rouge et du pain que Pattie fait elle-même. Les conversations ont continué jusque tard dans la soirée. Nous avons attendu que le soleil se couche pour assister au retour en masse des Mutton birds, qui ont littéralement envahie l’île en l‘espace de dix minutes. Le calme de l’île a fait soudainement place à un concert de cris. Certains d’entre eux ont continué à virevolter toute la nuit en lançant leurs cris stridents, ce qui était un peu difficile pour s’endormir, mais en fait c’est une question d’habitude et en y réfléchissant, je préfère mille fois ca au brouhaha des voitures du périphérique Parisien.

Bien sûr l’île de Pattie n’est pas parfaite, cela serait trop beau, mais je me souviens avoir pensé dans ma tête, après un délicieux repas cuisiné par Paul et une bonne soirée passée tous ensemble, si cet endroit n’est pas le Paradis, il est ce qui s’en rapproche le plus sur terre. Pattie nous a dit souvent, au sujet des petits désagréments qu’il faut accepter pour vivre ici, « It’s a small price to live in Paradise ». Moi je trouve que supporter les mouches parfois c’est vrai agaçantes, et les moustiques les soirs sans vent, ainsi que les souris qui farfouinent la nuit dans la cuisine, ca n’est pas beaucoup comparé au bonheur de vivre seul sur une ile, loin du stress et de la pollution, de pouvoir s’auto suffire en pêchant et récoltant les coquillages. C’est pour moi en quelque sorte un rêve qui s’est réalisé, car j’ai toujours été attiré par les histoires de naufragé sur les îles désertes. J’ai grandi en lisant des livres comme Robinson Crusoe ou sa Majesté les mouches et je suis passionné de tout ce que l’homme doit apprendre (et réapprendre) pour assurer tout seul sa survie. Je trouve que dans nos sociétés actuelles, nous nous sommes tellement sectorisés que nous en avons oublié les principes même de notre survie. Si un jour une catastrophe planétaire quelconque rompait tout les liens économique et commerciaux que l’homme à créé et entretient, beaucoup d’entre nous mourrait tout simplement de faim. L’homme ne sait plus chasser, plus pêcher, plus faire pousser des fruits et légumes dans son jardin… Sans l’aide des autres et le réseau de service qui caractérise une société, en tant qu’individu, nous ne savons rien faire, ou presque, du moins rien qui puisse assurer notre survie et celle de nos famille. A quoi peut servir un diplôme en économie internationale, ou d’ingénieur en électricité si du jour au lendemain l’économie s’arrêtait ? Il vaut mieux savoir bricoler de ses mains, jardiner, savoir comment se procurer de l’eau, allumer un feu, bref, utiliser la nature pour survivre. Je pense qu’il faut mieux savoir un peu sur tout que tout sur un peu. Bien sûr la probabilité d’un tel événement est infime, mais j’aime à me dire qu’en cas de coup dur, je suis toujours capable de me débrouiller tout seul.

C’est pareil pour la nourriture. La majorité de ce que nous mangeons provient des supermarchés, et est souvent le fruit d’un long processus de transformation, mais on oublie comment elle est arrivée là. Qui est capable de dire à quoi ressemble un saumon, de dire si les pamplemousses viennent d’un arbre ou d’une plante, comment pousse le gingembre, ou de quelle partie de l’animal vient le faux filet ?

Ce que je veux dire, c’est qu’un passage sur cette île permet de se rendre compte que survivre n’est pas si simple que cela, que l’eau ne sort pas du robinet par magie et qu’avant que notre nourriture se retrouve dans notre assiette, quelqu’un l’a pêcher ou élever.

C’est ce que Pattie a du apprendre pour avoir le droit de vivre sur Puncheon, elle s’est mis à la navigation de bateau, à la plomberie, à la couture, à la peinture, au jardinage, à la cuisine, à la pêche…etc. Toute ces choses basiques que nos ancêtres, il n’y a pas très longtemps encore, savait bien faire mais que nous nous sommes aujourd’hui bien incapable de réaliser... Voilà désolé pour cet  aparté, c’était un petit coup de gueule… Mais revenons à l’île.

Je me suis réveillé le lendemain matin avec l’impression d’avoir rêvé, mais au lieu d’ouvrir les yeux sur le plafond de mon camper van, j’étais ébloui par la lumière aveuglante qui perçait au travers de la tente. Il faisait chaud. J’étais seul, les autres étaient déjà levés. En ouvrant la fermeture éclair, j’ai découvert une vue imprenable sur la mer et Pelican island, l’île voisine. La marée montante avait créé un fort courant qui se frayait un chemin à travers les îles. Un pélican blanc s’est doucement posé sur le tracteur rouillé à demi recouvert par l’eau, afin d’engloutir d’une traite un gros poisson. Les rayons du soleil tapaient déjà fort. J’ai pris une grande inspiration pour sentir l’odeur de la mer qui venait à mes narines à peines réveillées. La journée s’annonçait belle, j’étais rempli de bonheur. 

J’ai ensuite rejoint le reste des habitants de l’île qui était installé à l’ombre de la pergola. « Good Morning guys ! » ai-je lancé. « Welcome for another lovely day in Paradise. » m’a répondu Pattie, le sourire aux lèvres. Je me suis donc assis avec mon thé au lait. Marcus et Nele étaient au milieu d’une conversation en néerlandais qu’eux seuls comprenait. Généralement, ca n’était pas bon signe, soit ils s’engueulaient où bien ils nous critiquaient… Pattie et Paul était en pleine conversation pour décider de ce qu’on allait manger à midi tandis qu Armand fumait tranquillement sa clope en lançant la balle à Bella, l’un des chiens de Pattie.

La vie était belle sur Puncheon, et nous avons encore profité de cette jolie matinée avant de nous trouver une occupation plus constructive. Les jours qui allait suivre ont été consacré à aider Pattie à améliorer son confort de vie sur l’île.

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Par david
le 20/02/2009 à 17:14:40
J'ai bien aime ton coup de gueule, tu as bien raison, revenons a des choses plus simple.... mais bon pour ca faudrait changer notre societe en profondeur...ouep!!!
J'en profite pour faire de la pub pour cette organisation qui propose enfin une autre vision, une autre voie, car forcement cela existe... on nous fait croire que non, qu'il n'y a que le capitalisme, mais c faux et heureusement, bref, l'adresse est la suivante http://www.colibris-lemouvement.org/
Prenez le temps de lire au moins

Bon sinon je vois que tu t'eclates tjrs autant, cela fait plaisir a voir et a lire, cela fait des pauses depaysantes :)
Donc bientot de retour... c fou comme le temps passe vite... mouai comme quoi faut essayer d'en profiter a fond!!
Mais tu ne veux pas rester plus longtemps, si tu aimes bien, non?

A bientot (je sais pas quand mais...)
Par jsspekrwwm
le 12/04/2014 à 06:30:11
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Damien JOLLY

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