Note du 14 au 30 janvier 2009 – Puncheon Island Part 2

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13/02/2009 - Pays : Australie - Imprimer ce message Syndication :

Deuxième Partie

L’excitation est montée d’un cran le lendemain matin, lorsque à mon réveil le sifflement incessant du vent et le claquement des volets de la maison avaient complètement cessé, laissant place à un silence presque inquiétant. Il était 4 heures du mat’, la nuit était encore noire et étoilée. J’ai réveillé tout le monde pour leur annoncer que le vent était tombé et qu’il était temps de se préparer pour se rendre sur Puncheon, tant que la marée haute nous le permettait. Nous avons avalé notre petit déjeuner, puis chargé les affaires dans la camionnette et le 4x4 rouge. Nous devions aller à Lady Barron, à la pointe sud de l’île pour mettre à l’eau le bateau de Pattie, qu’elle avait remonté la veille à cause de la mer démontée. J’étais dans le 4x4 avec Marcus, et les autres voyageait avec Pattie dans le camion. Sur la route, nous n’avons croisé personne, mais il nous est arrivé une triste mésaventure. Nous suivions dans la nuit les phares rouges de la camionnette en essayant de na pas se faire distancée par Pattie qui roulait vite. Sans même avoir pu réagir, un wombat s’est littéralement jeté sous les roues de notre voiture, qui a fait un bond. La pauvre bête, qui à la taille d’un gros chat noir trapu, avait du être effrayée par le camion et a traversé la route pour rejoindre son nid ! Marcus, qui conduisait était devenu livide, lui qui n’ose même pas manger du steak de Wallabie ! Nous n’avions rien pu faire pour l’éviter ! En fait, cet animal, lorsqu’il prend peur, a le reflex un peu stupide de courir très vite en ligne droite sans réfléchir pour rejoindre sa maison. Nous avons croisé un grand nombre de Wallabie, qui broutait l’herbe fraiche du bord de la chaussée, et disparaissait en sautillant dans les buissons à notre arrivée. En Australie, les kangourous se croise surtout depuis la tombée de la nuit usqu’au petit matin, mais jamais la journée. Il aime a brouter l’herbe du bord des route car lorsqu’il pleut, l’eau ruisselle sur les bas cotés et une herbe fine et tendre s’y développe.

Lady Barron est  encore plus petit que Withemark. Seul le port ramène un peu d’activité. Une longue jetée en béton permet au bateau de pêche et au porte conteneur de s’amarrer et juste à coté un petit ponton en bois sert d’embarquement pour les plus petits bateaux comme celui de Pattie. Le ciel commençait à s’éclaircir et les étoiles disparaissant les une après les autres alors qu’une lueur jaune orangée envahissait le ciel à l’est. Il nous fallait mettre le bateau à l’eau. Nous avons descendu la remarque dans l’eau par la rampe et mouillé le hord bord de Pattie, qui était équipé de deux moteurs de 90 CV. J’ai du me mettre à l’eau pour libérer le bateau de la remorque.

Nous avons chargé ensuite le bateau puis largué les amarres, direction Puncheon, l’ile mystérieuse. Avant de mettre le cap sur l’île, nous avons fait un détour pour récupérer notre diner du jour. Nous avons approché une bouée orange au bout duquel était accroché un coffre rempli de langoustes ! D’un coup de gâche, j’ai attrapé la corde et nous n’avions plus qu’à nous servir ! Pattie, la clope au bec, a ouvert le coffre et retiré deux grosses langoustes qui ont fini dans la glacière du bateau, puis nous avons mis plein gaz vers l’île. En regardant émerveillé le ciel virer au bleu clair et le soleil apparaitre timidement à l’horizon, je me suis senti libre comme jamais ! Je me suis soudain rendu compte de la chance incroyable d’être là, en train de voguer à toute allure vers une île paradisiaque perdue en mer de Tasmanie, à de milliers de kilomètres de la France. Notre aventure avait pris une tournure inespérée, et en y réfléchissant, elle était le fruit de bonnes rencontres survenus aux bons moments et de nos choix, ce qui formait un maillion d’événements qui nous avait tous conduits jusqu’à ce point précis où j’étais. L’eau défilait à toute vitesse sous mes yeux accentuait encore plus cette sensation d'ivresse, j’étais aux anges !!

L’île de Puncheon Island appartient à Pattie mais elle n’est pas la seule île du coin. Puncheon est située au sud de l’archipel du goupe Fourneaux, entre de îles majeures qui sont Flinders Island au nord, la plus peuplée, et Cape Barren Island au sud, grande comme la moitié de Flinders mais habitée uniquement par une cinquantaine d’Aborigènes. Dans la passe qui sépare les deux iles se trouvent 4 îles inhabitées, appartenant toutes au gouvernement Australien. Il y a Little Green Island, Little Dog Island, Great Dog Island et Vansittart Island. Puncheon Island, avec sa petite s½ur Pelican Island la plus petite sont de taille bien plus petite, des ilots comparés aux autres et très proche de Cape Barren Island. Les plus grandes de ses îles sont montagneuses et recouvertes d’herbe grillée par l’air marin et le soleil, et leur cote découpée est constituée de gros rochers recouverts d’une mousse orangée. Aucune n’est habitée pour la bonne et simple raison qu’elle pullule de serpent tigre, très venimeux. Puncheon Island est de taille plus modeste, mais heureusement les serpents en ont été bannis par Pattie. Nous sommes arrivées en vue de Puncheon au bout d’une demi-heure de navigation. En face, 200 mètres plus loin, nous pouvions facilement distinguer les détails de la cote de Cape Barren Isand. Pattie nous a expliqué qu’à marée basse, la mer se retire tellement loin qu’il est possible de traversée à pied pour rejoindre l’autre côté, avant de nous dire en rigolant que jamais les serpents n’avait tenté de traverser dans la vase. Je me suis tout de même demandé comment dans ce cas, comment un jour ils ont pu peupler les autres îles… Bien que la marée était descendante et que de nombreux rochers affleurait déjà à la surface de l’eau, Pattie a man½uvré le hors bord entre les dangereux hauts fonds avec une aisance impressionnante pour finalement accoster le long d’un petit ponton en bois. Il y avait une petite barque en aluminium amarrée à coté, qui clapotait sous les vaguelettes crées par notre approche. A peine avions nous mis le pied par terre que trois chiens on déboulé de nulle par pour accueillir Pattie. Ils leur a fallut un court moment pour nous renifler et finalement nous adopter. Cinquante mètre plus loin, cachée sous les arbres, nous apercevions la maison et sous la pergola, un homme d’une cinquantaine d’année se tenait debout prêt à nous accueillir, c’était Paul. Il avait déjà préparé le petit déjeuner, et avait installé suffisamment de chaise pour nous tous. Après les présentations et une nouvelle slave de remerciement pour leur aimable hospitalité, nous nous sommes assis autour de la grande table en bois. Nous n’avions aucun mal à comprendre Paul, qui nous a tout de suite plu avec son visage rondouillard et malicieux, et son sens de l’humour. Pattie s’était installé sur sa chaise favorite et avait déjà allumé une cigarette, avant de nous raconter comment elle en est arrivée à vivre sur cette île.

Elle nous a donc raconté son histoire assise sur son fauteuil, ne s’interrompant que pour tirer une bouffée de sa cigarette. Les trois chiens était sagement allongés à ses pied tandis que Paul l’écoutait calmement. En fait, Pattie était l’associée de Paul dans son Business de démolition. L’une des plus importantes sociétés de démolition d’Australie. Paul en est toujours le PDG mais Pattie, elle, est partie en retraite depuis bientôt huit ans. A l’époque, Paul avait repérer l’île sur une page immobilière et s’était mis en tête d’acheter se petit îlot pour y passer sa retraite. Nous n’allions pas tarder à nous en rendre compte, mais quand Paul à une idée en tête, il fait tout pour la réaliser. De nombreuses personnes étaient sur le coup pour acheter ce petit bout de terre qui a été mis en vente après la mort de son propriétaire. En faisant marcher ses relations, il avait réussi à emporter le lot pour un prix même raisonnable. Ils n’avaient pas même été la visiter avant. En se promenant pour la première fois sur l’île, ils se rendirent compte qu’il n’y avait qu’une petite cabane et un potager. Ils ont alors commencé à y faire des travaux de rénovation… Pattie s’y était sentie si bien sur l’île qu’elle avait finalement décider d’y prendre sa retraite plus tôt que prévu. Elle a quitté leur maison de Melbourne et s’y est installée en plantant Paul qui lui dirige toujours son business de démolition ! Du moins c’était l’explication qu’elle a bien voulu nous donner, mais au vu de leur personnalité très forte, je pense qu’il y avait d’autre raison qui expliquait qu’elle vive séparée de Paul.

L’île appartenait à un vieil homme. Pendant de longue année il y a hébergé sa fille unique, qui était atteinte d’un cancer presque incurable, en pensant que l’air frais lui ferait peut-être recouvrir la santé. Malgré le cadre paradisiaque, sa fille a fini par succomber à la maladie. Le vieil homme a continué à vivre seul plusieurs années sur son îlot. Un jour, des pêcheurs on retrouvé l’homme mort assis sur son tracteur embourbé à marée basse dans la vase, à 150 mètres de la plage. Il était visiblement mort d’une crise cardiaque alors qu’il transportait des morceaux de ferraille pour les déposer dans le chenal. Le vieil homme n’avait pas supporté que des pêcheurs viennent travailler autour de son île, et pour les en dissuader, avait décidé de déposer de la ferraille au fond pour déchirer leur filet. Sans doute l’énervement et le stress de la situation avait eu raison de son c½ur fragile. Toujours est-il que le tracteur demeure encore aujourd’hui embourbé dans la vase. Il est recouvert d’algues et de coquillages et vit au grès des marées qui le recouvre.

Après le petit déjeuner, nous avons eu le droit à la visite. Trop petite pour être qualifiée de maison, la cabane en tôle ondulée de Pattie offrait néanmoins tout ce dont on peut avoir besoin, ou presque. Dans la cuisine tapissée de latte en bois vernie rappelant l’intérieur d’un navire ancien trônait un poêle à bois pour les froides soirées d’hiver. Sur le mur du fond à coté de la gazinière et de l’évier était présentée toute une collection d’ingrédients pour cuisiner, farine, sucre, pates, set à épices etc… enfermés dans de jolies boites rouillée. Sur la table, un pot rempli de sucre reposait sur une coupelle rempli d’eau. « Pour éviter que les fourmis ne s’offre une overdose de sucre… » nous a dit Pattie en poursuivant la visite. De chaque coté d’un petit couloir, il y a avait deux étroites chambres avec des lits simples superposés, au confort un peu spartiate. A l’arrière se trouvait la salle de bain, et une zone dédiée au bricolage, composée d’un établi et d’étagères remplis d’outils et de pièces en tout genre. Un autre poêle à bois était relié au ballon d’eau chaude. Il lui suffisait d’allumer un feu et dans les quinze minutes qui suivait, elle pouvait se faire couler un bain ! C’est si simple. Il y avait aussi deux extensions qui étaient en travaux. Des toilettes et une grande chambre à coucher. Pour l’instant, les toilettes, (ou Dunnies  en jargon australien) était située à 20 mètres de la cabane, au fond du jardin. Ca n’était qu’un sot placé sous un siège en bois. Pattie nous a expliqué qu’une fois l’affaire faite, nous devions recouvrir le tout de sciure de bois afin d’absorber l’humidité et les odeurs. Pour la petite commission, elle nous a demandé de trouver un coin dans les buissons de l’ile. Quand les toilettes seront terminées, il y aura juste a s’assoir sur le WC à compost qu’elle était en train d’installer.

Autour de la maison, il y avait un petit jardin fleuris pas vraiment entretenu au vu des herbes folles qui y poussait, mais un peu plus loin elle avait un grand potager. A proximité se trouvaient les bacs à compost où elle vide régulièrement les déchets organiques de la cuisine et ceux des « Dunnies ». Elle trie également tous les déchets en papier et carton, qu’elle utilise pour allumer le feu. Les déchets en plastique, en verre et autres sont collectés dans la poubelle générale qu’elle ramène sur le continent pour les déposer à la décharge de l’île. Le potager lui permettait de faire pousser bon nombre de légumes pour sa consommation personnelle. A coté il y avait un poulailler vide. Elle attendait que ses poules de Withemark grandissent un peu plus avant de les ramener ici, pour pouvoir avoir des ½ufs frais chaque matin.

La toiture en tôle de la maison était reliée au système de récupération d’eau de pluie. En fait chaque mètre carré de toiture collecte l’eau de pluie qui se déverse dans les 6 cuves répartie autour de la cabane. Un jeu de pompe remonte l’eau dans un réservoir tampon situé au point haut du toit, de manière à fournir la pression nécessaire au robinet. L’eau de pluie est la denrée la plus précieuse sur l’île. Aussi Pattie nous a demandé de faire bien attention à la consommation et de n’utiliser l’eau qu’à bon escient. L’eau du bain et de la machine à laver est recyclée pour le potager mais l’eau sale de l’évier se déverse plus loin au pied d’un arbre.

L’électricité est générée par un groupe électrogène de 1kVA pour les besoins normaux, et un autre de 4 KVA, plus costaud, qu’elle utilise lorsqu’elle fait fonctionner plusieurs appareils électriques en même temps. Pour une île déserte, la cabane de Pattie est plutôt bien équipée. Elle dispose d’une machine à laver le linge, d’une robot de cuisine à tout faire, d’une machine à faire le pain, une chaine Hi-Fi (en fait un auto-radio branché sur des écouteurs de voiture), et d’un tas d’outils de bricolage électrique. Toutes les pièces sont équipées de prise, et les chambres disposent même de batteries qui continuent à fournir le courant lorsque le générateur est à l’arrêt pendant la nuit.

 

Il était ensuite l’heure du déjeuner. Nous devions d’abord nous occuper des langoustes que nous avons cruellement noyées en les plongeant dans l’eau douce. Les pauvres bêtes se débattaient furieusement en suffoquant car elles ne supportent pas l’eau douce. Paul les a ensuite cuisinées pendant que nous buvions nos bières en écoutant les histoires rocambolesques que Pattie nous racontait, pour notre plus grand plaisir.

Inutile de vous dire que le repas était fabuleux, délicieux. Nous nous sommes régaler à déguster la chair blanche et moelleuse de ces crustacés. Une fois la langouste réduite à un tas de morceau de patte et de coquille récurée, nous avons digérer notre repas en finissant la dernière bouteille de vin rouge. A la fin du repas, j’étais repu. J’avais du mal à réaliser ce que je faisais là, allongé sur mon fauteuil, un verre de délicieux vin rouge Australien à la main, en contemplant le splendide spectacle des îles environnants !

Une fois le repas digéré, Paul nous a emmenés faire le tour de l’île. A marée haute, la circonférence de l’île fait environ deux kilomètres, plus du double à marée basse car la mer se retire très loin, surtout lors des forts coefficients. Paul a commencé la visite par les terriers des mutton-birds. Ce sont les principaux habitants de l’île. Les muttonbird (oiseau mouton de leur surnom) sont des oiseaux migrateurs qui, à cette période de l’année, couve leurs petits. Les cotes de l’île sont complètement envahies par des trous creusés dans le sol sablonneux de l’île. Il y en a des milliers. Tellement que certaines zones de l’île sont difficile a arpenter car le sol est un véritable gruyère. Il faut faire attention où mettre les pieds sous peine d’écraser leur nid et tuer leur progéniture.  A cette époque de l’année, les petits viennent de naitre (Les ½ufs éclosent début janvier). De janvier à avril, chaque jour, les parents quittent leur nid et font deux cent kilomètre vers le large pour aller pêcher la nourriture qu’ils rapportent le soir pour la régurgiter à leurs petits. Chaque jour c’est donc le même balai, les milliers d’oiseaux s’envolent en nuée à l’aube et reviennent tous ensemble à la tombée de la nuit, dans un brouhaha incroyable de cris, qui sont à vrai dire, un peu effrayants pour qui ne sait pas ce que c’est ! En avril, les petits sont  tellement nourris qu’ils sont plus gros que leurs parents. Ils quittent alors leur nid pour un très long voyage qui les emmènent jusqu’à au Japon, puis ils traversent l’Océan Pacifique jusqu’aux cotes Californiennes. A la fin de l’Année, ils reviennent en groupe et retrouve exactement la même niche que l’année précédente, sur la même île, au même endroit !! C’est oiseaux sont simplement extraordinaires. En fait ils ont la taille d’un gros pigeon, mais ont un pelage noir luisant, qui les rendent bien plus gracieux.



Etapes :
Lady Barron
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Par Cécile Victor Thomas et Félix
le 13/02/2009 à 19:51:24
Salut Damien,

Bonne année!

Ca fait plaisir de te voir si heureux!

Quand reviens tu?

On pense à toi

Les parisiens
Par Damien JOLLY
le 15/02/2009 à 05:23:54
Merci les amis,ca fait plaisir d'avoir un messages de vous! Effectivement tout se passe bien ici, je continue mon voyage en découvrant des paysages plus extraordinaires que les autres!! Je reviendrai en France le 31 mars, 365 jours après mon départ exactement!! Vous me manquer aussi, j'esère bien qu'on se fera une grande bouffe franco francaise ensemble...
A bientot

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Damien JOLLY

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