Le Fruit Picking à Mildura

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12/04/2009 - Pays : Australie - Imprimer ce message Syndication :

Nous avons traversé de grandes étendues semi arides, mais la route qui mène à Mildura, la capitale Agricole du Nord Victoria, était assez chargée de touristes. Au bout d’un trajet de deux  jours, nous sommes arrivés en fin de matinée dans la ville paisible de Mildura, une ville calme au paysage rural très marqué. Notre première étape fut d’aller à l’Information Center pour glaner des informations sur les jobs disponibles et nous avons été redirigés vers une organisation appelée « MADEC », qui s’occupait de mettre en relation les fermiers en manque de main d’½uvre et les backpackers en recherche de boulot. La dame de l’accueil, très serviable, n’avait qu’une seule personne à nous recommander. Après avoir enregistré nos passeports, elle nous a transmis le numéro de téléphone d’un fermier que nous devions appeler. A peine sorti du bureau, nous avons appelé, mais il n’y avait personne. J’ai laissé un message. On s’est donc  posés dans un petit parc près de la Murray river, pour prendre le déjeuner. On a rangé le van de fond en comble afin de prendre des photos pour l’annonce de vente que nous allions mettre sur Internet pour vendre le van. Nous avions l’intention de vendre le van en dix jours à Sydney, mais mettre une annonce sur Internet avant est un plus, histoire de faire connaitre le van. Plus tard dans la soirée on a finalement pu avoir le fermier, qui nous a dit qu’il n’y avait pas de boulot avant deux jours, car la pluie qui était tomée ces derniers jours avait rendu les champs de vigne impraticable ! Pas de bol. On a quand même pris rendez vous pour bosser le dimanche matin, fixé à 6h du matin ! Dur pour des habitués de la grasse mat’ !

Le lendemain matin, non découragés, nous avons refrappé à la porte de MADEC, et Oh surprise, un fermier avait justement besoin de bras pour récolter le raisin de ses vignes. On a dit OK. En fin de matinée, nous étions arrivés dans son champ, situé à 20 kilomètres au Nord de Mildura. Le fermier nous a accueillis dans un australien rustique et parfois incompréhensible. Il nous a donné à chacun un petit couteau bien affuté, nous a fait une brève démonstration, puis est reparti s’occuper de ses affaires. Il y avait 12 rangées d’une centaine de mètres chacune à récolter. Les grappes de raisins étaient du type « Sylvaner », donc très sucré et délicieux à manger (on s’est d’ailleurs pas privés). La récolte servait en fait à faire des raisins secs.

Le soleil tapait fort, on s’est donc retroussés les manches, enduits de crème solaire indice 40 et on s’est mis à décrocher une par une les grappes de raisin des vignes. On était payés au seau, il fallait donc en remplir un maximum pour pouvoir gagner sa journée. Une fois le seau rempli, on en prenait un autre et ainsi de suite. Nous placions les seaux remplis au pied des vignes et le fermier les ramassait en fin de journée en passant dans les rangées avec son tracteur. Le prix du « backet » (seau) ne nous avait pas été communiqué car le fermier n’était pas sûr du prix, mais il nous avait promis de nous l’annoncer le lendemain. On a donc passé la première journée sans savoir combien nous allions gagner. Nous étions l’un en face de l’autre et on dépouillait les vignes en avançant à deux à l’heure. L’avantage c’est qu’on était seul dans le champ donc on travaillait à notre rythme, en discutant et en faisant quelques pauses.

A 6 heures du soir, le jour commençait à décliner. J’avais rempli que 55 sots et Armand 52 ! Un bien maigre butin pour une journée affreusement dure. Après seulement une demi-journée, nous étions littéralement cassés en deux !! A force de se baisser, le bas du dos était horriblement douloureux et nous avions des coupures et écorchures aux mains et aux avant bras. C’était comme si chaque muscles de mon corps s’était soudain réveillé avec le seul but sadique de me faire souffrir, j’ai même pris conscience de muscles dont j’ignorai l’existence ! Armand aussi était exténué. A la fin de cette horrible journée, tout ce que nous voulions, c’était boire une bonne bière fraiche, prendre une douche chaude et se poser dans un lit pour dormir. Ce que nous avons fait après nous être trouvé un petit coin tranquille au bord de la Murray River.

Le lendemain, le réveil fut fixé à 6h30 pour être à 7h pétante au champ. Le prix du seau nous a enfin été révélé. On touchait 114$ par 100 seaux, avant taxes. Cela revenait en gros à 1$ net le seau, ce qui n’est pas mal, comparés au 70 centimes que nous avait annoncé nos amis français. Nous approchions des 10 sots par heures, ce qui nous faisait du 10$ de l’heure net, un bien maigre rétribution pour le dur travail effectué. Ce matin là, nous n’étions plus seuls. Quatre personnes, dont deux assez âgées, étaient venus prêter main forte. Nous avons bossé de 7 h jusqu’à 17h30 avec seulement une heure de pause, et j’ai rempli 97 sots. Le coup de main commençait à venir, j’arrivais à identifier en un clin d’½il l’endroit ou sectionner la grappe. Le plus énervant restait les mouches qui nous perturbaient en venant roder autour du visage, ce qui est fort désagréable. Pendant qu’on décrochait les grape comme on déshabille un sapin de Noel, les pensées allaient bon train. Moi je pensais à un tas de truc pour passer le temps, ca allait du calcul mental pour savoir combien on allait empocher pour la journée de travail, jusqu’à me demander ce que j’allais faire de retour en France. Le soir nous sommes rentrés à Mildura pour faire des courses et on en a profité pour aller au cinéma (10$ c’était un bon prix) t on a vu un film vraiment bien, que je recommande à tout le monde. Le titre s’appelle « Slumdog Millionaire » en anglais, et cela raconte l’histoire d’un jeune indien qui se retrouve interrogé par la Police après avoir atteint le dernier niveau de la version Indienne du jeu TV : « qui veux gagner des millions ». A travers l’interrogatoire, on suit sa vie depuis sa petite enfance dans le ghetto jusqu’au moment de l’interrogatoire. C’est vraiment bien filmé, plein de couleurs vives de l’Inde avec une très bonne bande sonore ! A voir !

Le troisième jour,  le coup de main était pris et j’ai rempli 102 sots dans la journée. Armand, lui avait plus de mal à trouver de la motivation et travaillait à son rythme. En fait ca le soulait un peu et il avait qu’une seule envie, qu’on en finisse ! Le fermier, lui, était très sympa et nous apportait parfois de l’eau fraiche et même de quoi faire des sandwiches.

Le quatrième et cinquième jour, j’ai tourné autour des 100 sots par jours. Un portugais et trois italiennes sont venus nous aider. Le coup était désormais prit et nous coupions les grappes presque les yeux fermés (C’était devenu un reflexe) tout en écoutant de la musique.

Le dernier jour j’ai fait les 110 sots, ce qui n’était pas mal. A la fin de la journée, nous avons reçu notre paiement. Un chèque de 554$ pour moi et 470$ pour Armand. Il restait encore une rangée à faire mais nous devions y aller, car nous avions prévu d’être de retour à Sydney le 20 mars.

Le soir même, nous sommes allés nous boire une bière au RSL de la ville, puis on est allés au centre aquatique pour se décontracté nos muscles endoloris en prenant une bonne douche et en jouant dans la piscine à vague. Ca nous a fait un bien fou ! Ensuite on a mangé un morceau et on est allé au cinéma. Le film s’appelait Gran Torino produit, réalisé et jouer par un Clint Eastwood vieillissant mais toujours en convaincant. Puis on a squatté la connexion internet en WiFi du Mc Do jusqu’à une heure du mat avant de se trouver un coin ou dormir, à 30 minutes de voiture en dehors de la ville.



Etapes :
Mildura
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Syndication :

Damien JOLLY

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