Du 27 février au 3 mars – De Broome à Darwin.

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10/03/2009 - Pays : Australie - Imprimer ce message Syndication :

Il y a des journées où rien ne se passe. C’est étonnant comme en voyage une journée peut se passer sans aucun événement particulier. La journée du 28 février, par exemple, il ne s’est rien passé. Nous avons roulé sur 620 km non stop depuis un endroit désert à 130 km à l’Est de Broome jusqu’à un autre endroit désert à 120 kilomètres à l’Est de Kununara. La journée s’est résumée à rouler, faire le plein, rouler, manger, faire le plein, rouler, manger, rouler et dormir. C’est à peu près tout. Les seuls divertissements du voyage furent de régler la fréquence des essuies glace en fonction des averses parfois violentes, de prendre une photo à coté d’un Baobab, de changer de conducteur et de préparer l’appareil photo pour prendre le compteur quand il a dépassé les 270 000 kilomètres !! Une journée de voyage en Australie, ce n’est parfois rien d’autre que rouler.

Les paysages se sont encore un peu transformés en arrivant au sud de KIMBERLEY, cette grande région sauvage et montagneuse, où a d’ailleurs été filmé en grande partie le film « Australia ». Les bords de la route devenaient par endroit de véritables marécages. Par moment, la route elle-même était inondée, et il nous fallait ralentir pour passer les Floodway. Ces derniers sont les passages où la route croise un court d’eau temporaire qui ne se forme qu’en saison humide ou après de fortes pluies. L’humidité était encore plus importante qu’à Broome étant  donné qu’on s’éloignait de la mer. Des petits nuages blancs couvraient la majorité de ciel, et de temps en temps une masse de nuages très sombres laissait tomber des trombes d’eau. On pouvait en voir trois ou quatre autour de nous alors qu’au dessus de la tête on avait plein soleil. Quand l’averse était sur nous, la violence des précipitations nous permettait tout juste de voir à 5 mètres devant !

Il nous a fallut 3 jours pour effectuer les 1 400 km qui séparent Broome et Katherine. Nous avons beaucoup roulé sur les routes partiellement inondée mais toujours praticables. Ces flaques d’eau, parfois assez profondes, nous donnait parfois du souci, car elle ressemble parfaitement aux mirages que créé la route en plain soleil. Ces hallucinations là disparaissent d’un coup quand on s’approche, mais pas les vraie flaques ! Tout le jeu était de deviner si le mirage était réel ou pas… Bah, faut bien s’occuper quand on conduit !

Le danger venait plus des vaches en liberté qui prenait leur temps avant de dégager de la route. Une fois on a du attendre d’être à un mètre d’une vache qui était allongée en travers de la route et lui klaxonner au cul, avant qu’elle daigne bouger et rejoindre nonchalamment le bord de la route ! Il y en avait vraiment beaucoup. Avec Armand, on se demandait comment le fermier pouvait retrouver ces bêtes dans l’immensité du bush. Sont-elles équipées d’émetteurs, restent-elles tout le temps au même endroit près de la route ? Sont-elles en totale liberté ? A un tel point que le fermier ne sait pas combien d’entre elles sont mortes et combien sont nées ? Peut être qu’il vient avec sont fusil se servir au besoin. En tout cas coté entretien, ca ne lui coute pas un rond, elle broute l’herbe fraiche du bush, et elles ont des centaines de kilomètre carré à brouter ! Parfois, il y en avait une de morte sur la route. Le choc avec le véhicule avait du être terrible ! Mais le plus terrible était l’odeur de chair en décomposition qui se dégageait de la carcasse cramoisie vidé de l’intérieur par les fourmis et à demi dévoré par les aigles et les corbeaux ! C’était une odeur de mort qui vous rentre profondément dans les narines à vous faire gerber et qui met du temps à disparaître.

Nous roulions beaucoup de nuit pour avancer. Il n’y avait pas beaucoup de Wallabie morts sur la route. Donc nous nous sommes permis d’enfreindre « la règle du bush australien» et de rouler pendant la nuit, là ou les animaux sauvages du bush sont le plus actif. Il n’y a pas eu d’accident. On a bien faillit rentrer dans un troupeau de vaches qui étaient plantées au milieu de la route, en pleine nuit. Ce qui m’a d’ailleurs amené à la question. Les vaches dorment-elle allongée ou debout ? Je n’ai toujours pas la réponse…

Puis nous avons quitté l’état du Western Australia pour entrer dans le Nothern Territory, qui comme son nom l’indique, n’est pas un état, mais un territoire. Apparemment ce statut particulier doit leur donner droit à moins d’argent de la part du gouvernement car une fois passé la frontière, l’état de la route s’est grandement dégradé. Elle était pleine de d’ornières mal rebouchées au bitume, ce qui rendait la conduite très désagréable. Les bas cotés avait disparus et les aires de repos ne comprenait plus de toilettes, ce qui nous obligeait à trouver un coin du bush suffisamment éloigné de la route principale pour faire nos affaires, en espérant ne pas tomber à coté d’un serpent ! La limitation de vitesse est passée de 110 à 130 sur la highway, mais les gens roulent encore plus vite et plus mal que dans tous les états que nous avons traversés. Ils dépassent de loin les 130 km/h et opère les dépassements sans se soucier des virages, crêtes ou ligne blanche. En fait, la limitation à 130 est très récente, étant donné qu’il y a encore quelques mois il n’y en avait aucune ! De toute façon pour nous ca ne change rien, nous roulons la plupart du temps à la vitesse constante et économique de 90 km/h. C’est le régime moteur qui permet de consommer le moins d’essence !

Le Nothern Territory est 30% des 200 000 habitants du Nortthern Territory sont Aborigènes. 25% du territoire est classé région tropicale, principalement dans la zone du Top End (Région de Darwin et plaine d’Arnheim.), tandis que les 75% restant sont constituées de plaine désertiques ou semi-arides. Les deux grandes agglomérations sont Darwin au nord du Top End et Alice Spring, située à plus de 1 400 km au Sud ! Le reste n’est que ranchs isolés, territoires aborigène et zones complètement désertiques. Pourtant ce territoire de Nord à beaucoup d’atouts. La région de Darwin est riche en Parc Nationaux recouverts de savanes et de parcelles de foret humide, et possède un riche passé marqué par son implication dans la guerre de Pacifique pendant la seconde guerre mondiale. Alice Springs, elle, est la ville la plus isolée du monde, plantée au milieu du désert rouge recouvert de Sninifex (arbustes secs et épineux), et est caractérisée par une forte population aborigène. C’est à 500 kilomètres au sud d’Alice que se trouve Uluru, le rocher rouge qui se dresse dans le désert,  site sacré aborigène et symbole mondialement connu !

Nous sommes arrivés à Kununura, juste après la frontière. Après quelques courses, nous avons mangé le diner assis sous le porche de bus, à coté d’un petit parc mal éclairé. Deux Aborigènes, imbibés d’alcool sont venus vers nous, et ont commencé à engager la conversation. D’où vous venez, ou vous allez..bla bla bla. Leur intérêt se limitait en fait à faire un semblant de faire connaissance avec nous pour nous soutirer des bières et des clopes. Mais ils n’étaient pas méchants. Juste soûl et très difficiles à comprendre. Ils nous ont marmonné un truc de genre «Attention… Victoria », puis quelques chose « Creek ». Un peu lassés de ne pas comprendre et désireux de reprendre la route pour s’éloigner des dangereuses vapeurs d’alcool, nous avons repris la route. De nuit encore une fois. A la sortie de Kununura, un panneau lumineux avertissait que la route principale était fermée à hauteur de Victoria River, le village après Timber Creek. C’était donc cela que voulait nous dire les Aborigènes ! Ils étaient peut être pas si bourré que ca. En fait si, tout les Aborigènes, ou presque, que nous voyons sont soul, à longueur de journée, et marchent pieds nus dans la rue en titubant. Enfin c’est ce que se dit le touriste moyen. Moi, je suis sur qu’il doit bien y avoir des Abo qui sont sobres et responsables, mais ceux là on ne les voit pas. C’est un vaste sujet et j’y reviendrai plus tard, quand nous serons arrivés à Alice Springs. Nous avons continué à rouler deux heures sans soucis, puis on s’est posés dans une aire de repos pour passer la nuit. Le lendemain on est repartis et en arrivant à Victoria River, nous avons compris pourquoi la route était fermée. Le pont de la Highway était en rénovation. Une déviation avait été mise en place et traversait la rivière en crue sur un pont provisoire. Heureusement le niveau de l’eau avait descendu durant la nuit et la route avait été rouverte. Il est assez rare que la route principale soit fermée, mais nous avons entendu des histoires de voyageurs bloqués une semaine entière sur une portion isolée par deux inondations, avant que le niveau de l’eau ne redescende !!

C’est au terme de 3 jours de route intensive (dont une étape record de 741 km) que nous avons atteint Katherine. Katherine est une ville sans vraiment d’intérêt touristique. Elle doit son intérêt à ce qu’elle est située à la jonction entre la route qui part vers le Top End et rejoint Darwin, la route qui vient de Broome et qui relie l’Est à l’Ouest, ainsi que la route qui descend vers Alice Spring jusqu’à Adélaïde. Un carrefour entre trois routes transcontinentales, en quelque sorte.

A l’origine, notre plan de voyage ne prévoyait pas de monter jusqu’à Darwin, mais en lisant le Lonely Planet et la description des Parc Nationaux jugés « A ne surtout pas manquer », nous avons révisé notre jugement. Le détour nous faisait faire une boucle de plus de 600 kilomètres. Seuls doutes que nous avions étaient de savoir si les parc était ouvert pendant la saison humide.

Nous ne nous sommes pas attardés dans cette ville pur remonter au maximum vers le Nordet nous nous sommes arrêtés à Litchfield National Park, à moins d’une centaine de kilomètres au sud de Darwin. Il faisait une chaleur et une humidité importante, même en fin de journée. Nous avons campé dans le camping du parc pour 12$, qui se situait à deux pas des Florence Falls, où il était possible de se baigner. Le soir était tombé et nous avons remis la baignade au lendemain. Nous avons branché le ventilateur pour la nuit et mis a moustiquaire car il y avait plus de moustiques que jamais. Le matin suivant, après le p’tit déj, on s’est préparé pour la baignade. En voulant démarrer se rendre au parking des chutes, le moteur ne partait pas, la batterie était à plat. Manque de bol, nos seuls voisins, un van avec 3 français venait de partir ! Nous étions seuls. C’était sûrement le ventilateur que nous avions laissé fonctionner trop longtemps. On a alors décidé d’aller au parking des chutes pour trouver de l’aide. Personnes. Il était trop tôt. On a donc été faire quelques brasses rafraichissantes au pied des chutes. En fait, c’était des doubles chutes. Dans la piscine naturelle, le courant était tellement fort que je n’ai pas pu m’approcher plus près que 5 mètre des chutes, même en nageant de toute mes forces.

De retour au Parking, il n’y avait rien d’autre qu’un car de touriste organisé, mais il était de toute façon trop large pour atteindre le camping. On est rentré auprès du van, pris une douche froide, et on s’est installé sur la route principale, avec deux chaises, une bouteille d’eau et nos bouquins dans l’espoir qu’un véhicule viennent nous dépanner. Au bout d’une demi-heure sans passage, nous commencions à être désespéré et de devoir attendre toute la journée. Puis un bruit de moteur au loin s’est fait entendre. C’était encore un car 4x4 d’un tour organisé. Le chauffeur, sympa, s’est arête mais sa batterie était en 24 V, donc pas compatible. Il nous a assuré que les rangers passeraient bientôt. Seulement 30 minutes plus tard il n’y avait toujours pas un signe des rangers, le car 4x4 est même repassé dans l’autre sens. Quinze minutes pus tars, enfin, une voiture se pointe. On l’arrête pour leur demander notre aide. Un couple de vieux nous a regardés avec un air méfiant avant de bien vouloir nous suivre jusqu’au van, 300 mètres plus loin dans la forêt. L’affaire était réglée en trois minutes ! Nous avons remercié le couple qui était Canadien et connaissait bien Nantes car leur entreprise de matériel de manutention y tenait une succursale !

On est repartis sur la route et avons fait un arrêt au Wangi Falls. Mais la baignade y était interdite à cause de la présence de crocodiles. Dommage car les chutes étaient vraiment magnifique et il y avait moyen de s’en approcher, mais je tiens à revenir en France avec tous mes membres! Sur le chemin du retour, nous sommes passé devant un endroit où des centaines de termitières géantes se dressaient de chaque cotés de la route. On aurait dit les stèles d’un cimetière tellement leurs formes étaient plates et surtout elles étaient alignés dans le même sens ! Il y en avait de toutes les tailles mais les plus grandes devait atteindre les 3 mètres de haut ! Ces termitières sont appelée Termitières magnétique, car elles sont toutes alignées selon un axe Nord Sud ! En réalité, elle sont positionés de cette manière afin que les rayon de soleil viennent directement réchauffer la zone basse des termitière, où les termites ont besoin d’une température assez élevée et constante. Selon que l’endroit est plus ou moins exposé au vent, les termitières peuvent faire un angle de 10° avec le Nord, afin de compenser le refroidissement supplémentaire causé par le vent. C’était assez marrant. Les Aborigène se servent des termitières pour allumer le feu, car elles sont faite en une sorte de carton, constitué d’un agglomérat de fibre de bois et de baves liante.

Puis nous avons repris la route vers Darwin. Nous pensions nous retrouver dans une petite ville de la taille de Broome. Pour moi Darwin n’était qu’un petit bled paumé au Nord de l’Australie,, qui ne devait sa renommée qu’à son nom et le ait qu’elle soit la seule agglomération à des milliers de kilomètres à la ronde ! EN fait non, Darwin compte 70 000 habitants et est environné de nombreuses agglomérations.  La ville en elle-même n’a pas de charme fou, faut dire qu’elle a été complètement rasé par les bombardement Japonais pendant la seconde guerre mondiale, puis dévasté à nouveau par la cyclone Tracy qui a frappé le jour de Noel 1974, ne laissant debout que 400 habitations sur le 11 200 que comptait la ville !

Deux semaines après l’attaque de Pearl Harbour en décembre 1941, le dépôt de fuel du port de Darwin fut la cible d’un raid surprise Japonais de même envergure. Les Japonais larguèrent même deux fois plus de bombes qu’à Pearl Harbour, et envoyèrent par le fond quatre navires de guerre et en endommagèrent encore plus, tuant au total plus de 300 militaires. Pendant toute la guerre du Pacifique, les Alliers ont du tenir Darwin qui était régulièrement attaquée par les raids aériens des japonais. Du fait de sa situation stratégique, Darwin et sa région servirent d’arrière poste aux Alliers, et toute la zone au Nord d’Alice Springs fut installée sous contrôle militaires. Plus de 32 000 hommes furent stationnés dans la région pour fournir leur soutient à la guerre du Pacifique mené par les américains. Sur le chemin qui mène à Darwin se trouve les vestiges de la guerre. Ancien aérodromes, piste d’atterrissage, carcasses d’avions et mémoriaux sont visibles tout le long de la route.

Nous avons fait un rapide tour de la ville ou d’anciennes bâtisses en pierre ont été reconstruites sur le modèle ancien. A l’image de l’ancien hôtel de ville, dont les ruines ont été conservées. Nous avons squatté la connexion internet de la NT Library pour donner des nouvelles et envoyer les dernières photos sur facebook. Le site Kikooboo est bien, mais ca prends quatre fois plus de temps d’envoyer les photos (allez sur mon profil Facebook en tapant mon nom si vous souhaitez voir plus de photos)

La nuit, on l’a passé  sans histoire sur le parking de la marina, ou nous nous sommes fait une séance de cinéma en plein air en branchant le PC sur les enceintes de l’auto radio. On devient complètement sans gène au bout de 2 mois de vadrouille et les regards surpris des gens ne nous font depuis longtemps plus aucun effet ! Le lendemain matin nous avons été au Visitor Center de Darwin pour nous renseigner sur l’état des routes au Kakadu National Park. La route principale était praticable sur toute sa longueur à l’exception de quelques inondations au passages des Floodway. La grande majorité des sites, et de nombreuses pistes étaient malheureusement fermés, y compris les campings. En saison humide, le parc se transforme en marécage et les crocodiles envahissent le Park, obligeant les rangers à fermer les sites qui sont inaccessibles ou trop dangereux pour les visiteurs ! Cependant, il restait quelques endroits à visiter, dont des sites de peintures aborigènes. Nous avons décidé d’y aller.



Etapes :
Darwin
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Syndication :

Damien JOLLY

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