Du 16 au 26 février – De Carnavaron à Broome - Arrivée sous les tropiques

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03/03/2009 - Pays : Australie - Imprimer ce message Syndication :

Du 16 au 26 février – De Carnavaron à Broome

A Carnavaron, il n’y avait pas grand-chose à faire, à part le ravitaillement. Nous sommes délibérément entré dans la zone Tropicale du Nord de l’Australie vu la chaleur et l’humidité qui nous est tombé dessus. Ce qui était curieux, c’est que les paysages se sont transformés très brusquement ! Le bush sec et semi aride s’est transformé en végétation luxuriante, palmiers, cocotiers ont fait leur apparition et d’une manière générale, tout était plus verdoyant. Les portables fonctionnaient à nouveau. Nous avons essayé de prendre des nouvelles de Pattie pour savoir si sa famille allait bien après les incendies du Victoria mais personne ne répondait. Après les courses au supermarché, on a essayé de trouver un taff dans les plantations de Bananes et de fruit situés en dehors de la ville. Mais il n’y avait pas de travail avant 3-4 jours. Nous ne pouvions pas attendre. Nous sommes donc repartis vers le Nord. De retour dans le bush, la végétation est revenue semi-aride, mais lhumidité n’était pas la même. La pluie qui tombe régulièrement lassait un peu partout des grandes marre d’eau rouge et terreuse, il y en avait partout, et les rivières que nous traversions, d’habitude à sec, s’étaient transformées en véritables torrents d’eaux tumultueuses. L’eau était d’un rouge si vif qu’on aurait dit qu’une énorme artère de sang rouge sortait de la terre pour s’écouler vers la mer !

 

 

 

La première étape au nord de Carnavaron était le Ningaloo National Park, un sanctuaire marin d’une beauté inoubliable, qui n’a pas grand-chose à envier à la Grande Barrière de Corail du Queensland, sinon qu’elle est moins connue mondialement. Avant d’y arriver, nous avons franchis le tropique du Capricorn (à 23,5 degrés Sud environ). Coral Bay est un village sur a cote, qui fait partie du parc marin. Elle dispose d’une plage magnifique à l’allure de carte postale ! Eau cristalline chaude et bariolé de différents tons de bleu, du turquoise ou bleu marine. Son sable est si fin qu’il colle à la peau,  Deux kilomètres au large, une écume blanche confirme la présence de la barrière de corail, mais il est possible d’admirer les fonds marins sans avoir à prendre un bateau. Sans plus attendre, dès que nous sommes arrivés, nous avons loué chacun un équipement de snorkeling. Munis de notre masque, tubas et palmes, on s’est jeté dans l’eau chaude et cristalline. Les coraux étaient d’une beauté saisissante et la faune marine foisonnante de petits poissons tropicaux aux couleurs vives. Même si j’ai trouvé les coraux moins colorés ceux dans le Queensland, leurs formations sont d’une plus grande diversité. Nous avons passé la journée entière à explorer les coraux et bronzer sur la plage. On a vu des centaines de poissons, des murènes, des bénitiers géants… Pour voir des animau marins plus imposants, il fallait se rendre en bateau au-delà de la barrière de Corail, les prix n’étaient pas dans nos moyens, mais nous aurions pu plonger et admirer les tortues, des raies Manta, des serpents de mer (très dangereux mais pas agressifs), des Dungon (Lamentin en français : sorte de mammifère sous marin brouteur d’algues marines), des requins tigres et selon la saison, il est possible de nager avec des requins baleines (inoffensifs) et d’approcher les baleines à bosse !!! La diversité des animaux qu’il est possible d’admirer sous l’eau en dit long sur la qualité de ce parc. Dommage que la moindre expédition sur la barrière n’était pas en dessous de 160$. Mais le snorkling était déjà une expérience magnifique en soi ! Je crois que c’est la plus belle plage que j’ai faite en Australie !

Après cette journée au Paradis, nous sommes rentrés dans les terres, pour aller visiter le Karijini National Parc, réputé pour ces gorges impressionnantes. La fraicheur que nous apportait l’Océan a laissé place à une atmosphère lourde d’humidité. Nous avions roulé toute une journée en plein soleil pour se rapprocher du Parc National, que nous avions prévu de visiter le lendemain. Le soir, nous avons mangé à un relai routier et donner quelques nouvelles à la famille. Quand ma Maman m’a demandé où j’étais, j’étais un peu embarrassé pour lui expliquer. Heu, bah c’est au milieu de nulle part ! ». La communication s’est coupée mais j’avais pu lui parler suffisamment pour la rassurer, j’esèrai seulement qu’elle ne s’imagine pas qu’un cyclone m’avait emporté brusquement ou qu’un Boeing s’était écrasé juste sur la cabine téléphonique !

Il ne nous restait que 220 kilomètres à parcourir, le soir tombait et nous ne pouvions pas dormir à la station service. Nous avons donc roulé un peu encore de nuit, en roulant à 80 km/h, plein phares pour distinguer les kangourous de suffisamment loin pour pouvoir freiner si c’était nécessaire. La journée avait été particulièrement chaude et ensoleillée. On buvait un demi-litre d’eau par heure chacun pour nous maintenir hydratés. L’eau était aussi chaude que si on avait bu l’eau de notre bain. La température était encore autour de 26 degrés dehors, nous roulions avec les fenêtres ouvertes pour nous rafraichir. Puis voyant que ca ne suffisait pas, nous avons du brancher la clim dans le van, ce que nous faisons qu’en extrême recours habituellement. Puis après 50 kilomètres et deux kangourous croisés sur le bord de la route, qui n’étaient heureusement pas décidés à mourir sur notre pare choc ce soir là, nous nous sommes arrêtés pour dormir. Enfin, pour essayer de dormir car cette nuit là étaient loin d’être terminée, et a été la pire nuit qu’on ait jamais vécu lors de notre voyage. Il n’y avait pas de vent et dehors, l’humidité et la chaleur n’était pas décidée à partir malgré la nuit. A l’intérieur du van, l’effet de la climatisation s’est très vite dissipé lorsque nous avons coupé le contact, et la chaleur accumulé pendant toute la journée, ajouté à celle du moteur qui rayonnait comme un four à 220 degrés, a transformé l’habitacle en véritable fournaise de l’enfer. Les vitres avant équipées de moustiquaires ne laissait entrer qu’un souffle infime d’air tiède. Nous avons sortis les deux bidons de 15 litres du coffre car l’eau était bouillante et agissait comme un véritable radiateur. Nous les avons posés sur le toit. Enfermé dans cette boite de fer infernale, sans ventilation, avec le moteur et la carrosserie du van qui continuait à rayonner la chaleur, nous avions l’impression d’être rentré dans un hammam. Il faisait environ 35°C et l’humidité atteignait probablement les 75%. A peine allongé sur le matelas brûlant, en caleçon, j’ai senti les premières gouttes de sueur perler sur mon front, puis mon dos s’est transformé en véritable fontaine. Très vite, les draps étaient tempés de sueur et je suais à grosse goute, comme une éponge gorgée d’eau qu’on essore. Le pire, c’est que ca ne s’arrêtait pas. Pour Armand c’était pareil, son coin du lit s’était aussi transformé en piscine ! Il était inutile d’espérer trouver le sommeil dans cette étuve moite. Désespéré, nous avons ouvert en grand la porte coulissante du van pour créer un semblant de courant d’air qui était aussi faible que celui d’un nouveau né qui souffle ses bougies d’anniversaire. Pire ! Les moustiques se sont invités à un magnifique festin de chaire fraiche exposée sans défense à leurs dards ! Le zozotèrent strident de ses vampires de la nuit et la chaleur étouffante ont vite rendu la situation insupportable. Dégoulinant de sueur, et affichant une nouvelles collection de bouton de moustiques, on s’est remit en route toute fenêtre ouvertes pour faire une cinquantaine de kilomètre jusqu’à la prochaine aire, dans l’espoir que la température de la nuit allait enfin chuter. On a du s’arrêter au bout de 100 mètres lorsqu’on s’est rendu compte que les bidons d’eau était toujours sur le toit, enfin il n’en restait pus qu’un l’autre était 50 mètre plus loin, éventré sur le milieu la route. On a finalement repris la route. Il était minuit quand la fatigue et le danger que représentaient les kangourous sauvages nous a interdit d’aller plus loin. On s’est de nouveau arrêtés et on a tenté de s’endormir, alors que nos draps étaient encore humides. Ca allait un peu mieux, et surtout nous étions exténués par cette séance de hammam. Nous avons tout de même fini par nous endormir mais je ne sais pas trop comment vu les conditions. Je me suis bien réveillé une dizaine de fois, mais plus la nuit avançait, plus la température devenait vivable. Le lendemain matin, nous avons pris la décision d’acheter un moustiquaire pour pourvoir dormir toute portes ouverte, et dacheter un petit ventilateur pour la nuit.

Il nous tardait d’arriver au Parc National pour nous jeter dans les rivières fraiches et nous laver ce cette moiteur qui nous collait à la peau ! La route était encore assez longue, mais nous sommes parvenus au KARIJINI National Parc en fin d’après midi. Une grande moitié du Parc est tracé en piste, et l’autre a été bitumé récemment. Pour aller voir les gorges les plus intéressantes, nous devions prendre la piste. L’état de la route était variable, mais nous pouvions tout de même la pratiquer sans gros soucis. Nous faisions des pointes à 80km/h mais il fallait souvent ralentir à cause des gravats, des ornières et des sillons qu’avaient creusés les dernières pluies au travers de la route. Après 67 kilomètre de magnifique piste rouge, en conduisant sportivement comme sur un circuit du WRC, nous sommes arrivés aux gorges. Les paysages étaient vallonnés mais toujours constitués d’arbres dispersés et d’herbes hautes, puis tout d’un coup, s'est offert à nos yeux une grande faille qui formait comme une entaille ouverte dans le bush. En fait, du point de vue où nous étions, nous pouvions contempler plusieurs gorges qui se rencontraient à un point précis. Il y en avait quatre, et 100 mètres en contrebas, nous apercevions les trois ruisseaux rejoindre le quatrième. Il avait l’air de faire bien frais en dessous. Mais pour il parvenir, un équipement adéquat était nécessaire, et il ne fallait pas moins de 3h30 pour parvenir en bas et profiter d’une baignade dans l’eau. Il était trop tard pour y aller, et de toute façon, vu les mise en garde sur la température de l’eau (très froide) et les possibles monée d’eau brusque, nous ne l’aurions pas fait. A coté du belvédère, un touchant mémorial rappelle les dangers que sont ces gorges. En 2004, Jim Regan, un sauveteur volontaire est décédé en tentant sauver la vie de 3 touristes imprudents en se faisant emporté par une soudaine montée du niveau de l’eau !

Le soir, nous avons rejoins le visitor Center, dans la zone du parc accessible à tous les véhicules. On a attendu que les mouches aillent se coucher pour manger tranquillement et on s’est trouvé un coin où dormir. C’était un coin un peu illégal puisque pour économiser une nuit au camping (payant) du parc, nous nous sommes caché dans le bush à l’écart de la route pour dormir. Le matin suivant nous avons terminer la visite du Parc, décidement très beau. (Je le conseille vivement). Nous sommes descendu dans une des gorges pour une randonnées de 3 heures. Au fond, nous nous sommes baignés dans l’eau fraiche (mais pas glaciale) de la rivière, qui formait par endroit de large piscines naturelles, dans lesquelles se jettaient des cassades d’eau d’où on pouvait plonger. C’était vraiment merveilleux, d’autant plus que nous étins absolument seuls à en profiter.

Il était temps de continuer notre route et de laisser les gorges du Karinini National Park derrière nous. Direction le Nord pour retrouver la côte. Il nous a fallu une journée de route pour atteindre Port Hedland, au terme d’une longue traversée de la plaine aride du PILBARA ou nous avons traversé quelques village dont la raison d’être ne dépend que de l’existence de la mine de minerai de fer à proximité. D’immense road train transportant le minerai ont fait leur apparition sur la route. Ceux là étaient extrêmement longs. Ils comportaient jusqu’à 4 remorques l’une derrière l’autre, soit 20 essieux, totalisant une longueur de 56 mètres !! Port Hedland, avec ses 15 000 habitants, n’est qu’une ville industrielle, qui ne vit que grâce et pour BHB Billiton Iron Ore, la compagnie minière de la région. C’est le plus grand port exportateur de minerai d’Australie. Chaque année transitent 100 millions de tonnes de minerai de fer, en partance pour la Chine principalement. Les docks sont immenses et on une capacité impressionnante, puisque le port peut accueillir jusqu’à 4 cargos de 320 mètres de long, transportant jusqu’à 300 000 tonnes chacun. L’observation du port est un véritable spectacle. Les cargos entrent et sortent du port assistés par les bateaux pilote tandis qu’au large une dizaine de tanker attendent leur tour ancrés autour du chenal. Nous avons testé l’atmosphère nocturne de la ville en allant au bar du coin, où les mineurs vêtus de leur combinaisons crasseuses venait se désaltérer. Les travailleurs aux visages durcis par les rudes conditions de travail, tatouages sur les bras, partageait l’apéro entre collègue en parlant fort. Les esprits était aussi probablement excités par les serveuses qui vous servent en maillot de bain !

L’étape d’après était Broome, une ville peu peuplée mais assez importante dans le Nord Ouest de l’Australie. Une longue étape nous attendait. Nous n’avons fait que rouler au travers de paysages désertiques, monotones et sans beaucoup d’intérêts. Pour couper les 640 kilomètres de trajet, on a fait une halte à la plage de Eighty Mile Beach, situé sur la cote tout au bout de 10 kilomètres de piste en sortant de la Great Northern Highway. A la vue de la plage, j’ai poussé un cri d’exclamation ! Une plage déserte de sable fin s’étendait très loin de chaque coté et sous nos yeux s’offrait à nous une mer bleue-turquoise qui continuait presque jusqu’à l’horizon avant de sombrer dans le bleu foncé. C’était une plage d’une beauté paradisiaque, déserte comme l’Australie en possède probablement des centaines, complètement préservée, réservé juste pour nous !! On s’est recouvert de crème solaire car les rayons de l’après midi étaient d’une puissance incroyable, le genre de lourdeur qui vient du soleil et qui vous tombe dessus et vous assomme le crane dès que vous vous exposez. A l’entrée de la plage, il avait quand même un petit chapiteau à coté duquel était garé un quad 4x4 des Lifesaver. C’est toujours rassurant. Sans attendre, nous nous sommes jetés dans l’eau, pour nous refroidir la plante des pieds brulée par le sable chaud. J’ai poussé un second cri d’exclamation en constatant que l’eau était d’une tiédeur digne d’un jacuzzi ! A l’endroit ou se brisait les vague, l’eau était trouble car le sable tellement fin était constamment remué par les vagues. Nous nous sommes baignés en jouant avec les vagues, comme dans un bain chaud géant. L’endroit était paradisiaque. Enfin presque… Le troisième cri d’exclamation, je lai poussé quand mes pieds ont touché sous l’eau une masse visqueuse ! C’était comme si on m’avait passé une serpillère sur les pieds, sauf que c’était les filaments d’une méduse !! La douleur s’est fait immédiatement sentir ! Je suis sorti de l’eau en courant, un peu affolé car je savais que certaines méduses sont mortelles... J’avais le dessus pieds en feu et ils avaient déjà pris une couleur toute rouge. Je me suis dirigé en courant vers la tente ou le lifesaver me regardait calmement accourir. Armand était aussi sorti de l’eau, et me suivait. A 20 mètres de la tente, j’ai marqué un temps d’arrêt pour m’assurer que c’était bien un stand des sauveteurs car ce que je voyais était plutôt éloigné de ce à quoi je m’attendais. Un vieil homme frêle, à l’allure curieuse se tenait déjà debout, une bouteille de vinaigre à la main. Je me suis approché pour lui expliquer mais il avait tout de suite compris ce qui m’était arrivé en me voyant sortir de l’eau en courant. Il était plutôt accoutré bizarrement pour un sauveteur. Il portait une casquette blanche de commandant de bateau, des lunettes de soleil à filtre rose, un body moulant bleu Rip curl sur le dos. Il portait un slip moulant bleu marine et il portait une paire de basket de sport au bout de ses jambes presque squelettiques. Sa peau était très bronzée et brulée par endroit. A coté de son transat se tenait deux jeune filles allongé sur des transats elles aussi, une bière à la main. Elles affichaient un large sourire amusé. Le vieil homme, qui était bien le sauveteur, m’a posé sur une chaise et arrosé les pieds de vinaigre. L’odeur acre m’a soudainement monté au nez mais ca a soulagé directement la douleur. Il m’a aussi tendu un linge aspergé de la même lotion à appliquer sur mes blessures. J’ai lu plus tard que le vinaigre permettait d’empêcher les cellules urticantes de libérer leur venin. Puis le gars est retourné s’assoir dans son transat, entouré de sa belle compagnie. Les deux jeunes filles étaient plutôt bien foutues. Elles avaient la vingtaine d’année, et portaient bikinis, piercing au nombril et grosses lunettes de soleil Hollywoodienne. En fait, elles rigolaient car elles avaient chacun gagné leur pari. L’une avait gagné parce qu’elle avait deviné que nous étions français et pas allemand, et l’autre était ravi d’avoir deviné que nous allions accourir dans les dix minutes pour cause de piqure de méduse !! Charmantes ! Pendant que j’imbibais ma blessure de vinaigre, le vieux nous a offert une bière et on a fait connaissance.  Les filles étaient de Perth et montaient en voiture jusqu’à Broome pour commencer les cours à l’Université. Mais elles n’étaient pas pressée puisqu’au lieu d’être en train d’étudier elles étaient assises confortablement à bronzer sur cette plage paradisiaque… mais infestée de méduse. J’ai demandé au vieux si les méduses étaient dangereuses. Il m’a répondu que celle qui m’avait piquée ne l’était pas mais qu’on avait vu des Box Jellyfish à Port Hedland, plus au sud. Mon sang s’est glacé quand j’ai réalisé que j’aurai pu être piqué par cette méduse, la plus redoutable de la terre, du moins à ma connaissance. La saison des méduses empêche quiconque de raisonnable de se baigner d’octobre à Mars dans toutes les eaux du Nord de l’Australie, mais je pensais que nous étions arrivés dans zone concernée. Quand j’étais dans le Nord du Queensland, une pancarte géante était plantée devant chaque plage avec une bouteille de vinaigre pour les premiers soins. Ici il n’y avait rien d’indiquer. Les Box Jelly fish (ou méduse boite) ainsi que l’Irukandji, sont redoutable, surtout pendant la saison humide. Elles peuvent potentiellement conduire à la mort, et ce dans des souffrances horribles. Elles se déplacent au grès des courants chaud et des vents qui les poussent jusqu’au cotes. Cette année lé phénomène El Niño était particulièrement fort, ce qui a permit aux méduses d’atteindre des latitudes assez basse. A la fin de la saison, en en retrouve partout sur les plages, mortes. Les méduses ne sont pas les seuls dangers de la plage, nous a dit le vieux, il y a aussi des requins, des serpents de mer et des poissons pierre, tout aussi mortels. Je me demandais comment ca se faisait que j’étais encore en vie et surtout comment une plage si belle pouvaient comporter autant de danger !!

Moins effrayant, il y a aussi des tortues à dos plat qui viennent en masse pondre sur ces plages désertes. Nous étions à la fin de la saison de ponte, mais il était encore possible de voir des tortues venir pondre la nuit. Seulement il y en a une qui pond toute les deux kilomètres. Les petits allaient bientôt éclore et rejoindre l’Océan. Dommage qu’on soir un peu tard dans la saison, j’aurais vraiment aimé pouvoir observer un tortue en train de pondre.

 

 

 

Broome nous a tout de suite plu. Cette petite ville de 14 000 habitants, calme et paisible, à un style unique. Elle est installée à l’extrémité Ouest de la péninsule de Dampier. Les maisons en tôle sont éparpillées autour d’un centre ville plutôt succinct. L’aéroport international de Broome est situé à l’entrée de la ville, et fait presque la superficie de la ville. La ville de Broome est réputée pour ces perles. En effet, elle dispose d’un long passé de centre perlier depuis 1880, lorsqu’il a été établi par les Japonais. les huitres perlières ont très vite attiré commerçant chinois et plongeurs malais, ces derniers effectuant le travail le plus dangereux au coté des Aborigènes. Les chasseurs de perles plongeaient en apnée et beaucoup étaient victimes de requins ou d’accidents de décompression. L’activité perlière à Broome connut son apogée au début du XXème siècle, sa flotte comptait 400 lougres, et elle fournissait 80% de la nacre mondiale, (utilisée pour faire des boutons). Les reliques de ces temps de prospérité son Chinatown, et les cimetières Japonais et Malais, ou repose plus de 900 âmes de plongeurs victimes de noyades ou de cyclones. Aujourd’hui, la plongée a été remplacée par des petites exploitations perlières qui alimentent le marché en Perles de Broome.

Nous sommes arrivés le matin et nous avons commencé par le ravitaillement en essence et fait les courses, puis une lessive au lavomatic du centre commercial. La chaleur de l’après midi était torride et nous avions vraiment besoin de prendre une douche et de nous raser. Nous avons décidé de passer quelques heures de détente à la piscine municipale pour profiter de l’eau rafraichissante du bassin extérieur. On a bouquiné assis à l’ombre dans l’herbe entre deux baignades. Après les nuits affreuses que nous avons passé à suer dans le van, ca faisait un bien fou ! Puis nous avons été achetés une moustiquaire au magasin d’équipement camping. Elle est rectangulaire et peut s’installer et se désinstaller facilement à l’arrière de notre van. Un bon achat qui va peut être nous épargner des nuits blanches. On a aussi acheté un spray de répulsif anti moustique appelé BUSHMAN, réputé très efficace par les habitants du bush selon le vendeur!

Le soir, nous sommes allés à la plage de Cable Beach, appelée de la sorte car c’est de cette plage que part le câble de communication sous marin qui relie l’Australie à l’île de Java, au Nord. Comme c’est la saison humide, le temps est très changeant en cette période de l’année. Le ciel bleu nuageux de la journée à rapidement disparu avec le coucher du soleil tandis que de l’autre coté de l’horizon, une masse nuageuse extrêmement sombre avançait tout droit vers nous. Nous étions stationnés sur le parking de la plage. A coté du van, nous avions installé la table pliante et les chaises et nous apprêtions à cuisiner tranquillement notre diner. En voyant la masse sombre de nuage menaçant s’approcher plus rapidement que nous le pensions, nous avons décidé finalement de manger rapidement des sandwichs avant de se prendre la saucée. Il y avait quelque chose d’envoutant à contempler ces nuages d’une taille monstrueux prendre possession du ciel ! Au loin les éclairs flashaient  toutes les trois secondes. Il devait y avoir une sacré tempête là bas. Mais on n’entendait pas le tonnerre, donc on s’est juste contenté de regarder le spectacle en mangeant nos sandwichs. La masse sombre était arrivée presque au dessus de nos têtes alors que nous commencions à remballer les affaires pour se mettre à l’abri dans le van. C’est alors que nous nous sommes fait surprendre par la violence du vent. Tout s’est enchainé très rapidement. Une première rafale de vent à envoyer valser la table pliante en aluminium ainsi que les gobelets et tout ce qui y avait dessus. Armand s’est précipité pour aller rattrapé la table qui avait atterrie 15 mètres plus loin sur la plage, éclatée en trois morceaux. Moi, je me suis jeté sur toutes les affaires qui risquaient de s’envoler, que j’ai jeté en vrac dans le coffre. Puis j’ai remonté les vitres et fermé avec difficulté toutes les portes du van. Nous étions complètement pris au dépourvu ! Je suis sorti aider Armand, mais le vent avait encore redoublé de force et soulevait avec lui un nuage de poussière et de sable qui nous fouettait la peau et nous rentrait dans les yeux. A moitié aveuglé, j’ai cru un instant que j’allai m’envolé et le van avec. Et là, j’ai commencé à paniquer. Et si c’était un ouragan ! Tant bien que mal, nous avons rejoint le van les mains pleines d’affaires et nous nous sommes enfermés. Le van tremblait sous l’effet des rafales. Le ciel était devenu complètement noir et des gouttes commençaient à tomber. On a décidé de déguerpir du parking pour trouver refuge dans la ville, dans un endroit moins exposé. Sur la route, il y avait des tourbillons de sable au milieu de la chaussé, on n’y voyait pas un deux mètres. Puis d’un coup tout s’est calmé. Il n’y avait plus qu’une petite pluie mais les éclairs zébraient toujours le ciel. On s’est mis à rire, peut être parce qu’on avait eu une sacré frousse. Nous étions visiblement les seuls. Les gens du coin vaquaient à leurs occupations et les aborigènes n’avaient pas l’air affolé, eux, puisqu’ils marchaient tranquillement dans la rue, pied nus et sans parapluie. Il y avait même des gamins abo de dix ans qui s’amusaient sur leur vélo, l’air de rien. Tout avait l’air normal en ville. Pas d’alerte rouge ni camion de l’armée évaquant la population. On s’est posé dans un bar pour nous remettre de nos émotions. Les gens dinaient normalement sur la terrasse. Le coup de vent était passé, et la vie avait repris. Il ne pleuvait même plus. De temps en temps le ciel nuageux s’éclaircissait pour une fraction de seconde. Ce n’était ni une tornade ni un cyclone, juste un coup de vent come il y en a toujours avant les orages qui sont quotidien pendant la saison sèche.

Le lendemain, nous avons fait le tour de la ville de long en large et en travers. Nous avons visité le cimetière japonais, Chinatown, cherché un ventilateur pour les nuits torride dans le van, que nous avons trouvé au bout du troisième magasin. Nous ne voulions pas un ventilateur qui se branche sur l’allume cigare de peur de s’endormir et de se retrouver coincé dans le bush avec la batterie à plat le matin. On a finalement trouvé un ventilateur de maison d’une trentaine de centimètres de diamètre, pas cher avec 3 vitesses et minuteur, et comble du luxe, avec télécommande ! Nous avons été à la recherche d’un Bull Bar pour pouvoir conduire plus sereinement de nuit, mais il n’y avait rien de dispo. Sauf un bull bar de luxe en Alu, mais c’était 260 $ d’occas ! Trop cher. Puis nous avons trouvé un atelier qui faisait des plaques et des profilés d’aluminium. Là on s’est fait un petit plaisir ! On a commandé une plaque en alu de 1,6 mm d’épaisseur, avec un motif type antidérapant, pour installer sur notre planche rabattable à l’arrière du van. Comme c’est le coin cuisine et que la planche en bois s’était tachée d’huile et d’éclaboussure de sauce… il nous fallait quelque chose de propre. Ca nous a couté 30 $ mais ca à rajouté la touche finale à notre van, une belle kitchenette, ca fait vraiment plan de travail de pro maintenant !

Après ces deux jours reposants, nous avons quité Broome, avec un peu de regrets. Mais déjà Katherine (la ville qui est au portes du désert rouge) nous attendait à 1500 km de là. Au moment de partir, on s'est fait une petite frayeur car la batterie du van est tombée à plat! Un gentils australien nous a fait redémarrer. Heureusement qu'on avait acheté les pinces, à 10$ chez un chinois à Melbourne! On est repartis sur la route. 2 minutes après avoir quitté la ville, nous étions de noiveau perdu dans le bush australien.



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Broome
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Damien JOLLY

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