Du 13 au 15 février - Perth à Carnavaron - En longeant la cote Ouest

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02/03/2009 - Pays : Australie - Imprimer ce message Syndication :

De Perth à Carnavaron

Perth est probablement la capitale la plus isolée du monde. A un tel point qu’on se demande comment une si grosse ville à pu pousser ici, à plusieurs milliers de kilomètres de Sydney. Et avec en plus deux heures de différence avec la cote est ! Ce qui nous a  d'ailleurs rapprochés de l’heure de Paris ! Il n’y a plus que 8 heures de différence à présent ! Les peuples aborigènes Noogar vécures dans le coin depuis des millénaires avant établissement des premiers Européens de la colonie de la Swan River. La colonie, rebaptisé ensuite Perth du nom d’une ville d’écosse fut fondée en 1829 par l’ambitieux capitaine Stiriling. Pour peupler la colonie, les nouveaux arrivant se voyaient allouer 200 acres de terre à cultiver. Mais une fois sur place, les conditions de vie étaient bien plus pénible que l’on leur avait laissé croire. C’est surtout à la ruée vers l’Or que la ville de Perth doit son essor. Entre 1890 et 1900, la population quadrupla, provoquant un boom immobilier. De beaux bâtiments anciens demeurent dans le centre ville, comme le Governement House ou l’Hôtel de ville. Aujourd’hui, le nouveau centre abrite deux rues piétonnes bordées d’enseignes nationale, l’architecture est quelconque, ce qui fait de Perth  une ville qui n’est ni moche ni vraiment belle. Juste normale. Mais Perth est plus réputée pour ses plages préservées, ses espaces verts et atmosphère cosmopolite et décontractée. Au milieu du centre-ville coule la Swan River, qui s’élargit à son embouchure. An arrivant, nous nous sommes promenés dans le centre ville après avoir renoncé à squatté la State Librairy car la connexion Internet était d’une lenteur digne des premiers Modem 56k !

Moi, j’avais vraiment hâte de voir l’Océan Indien pour la première fois de ma vie, et de voir le soleil s’y coucher. C’était aussi le symbole de notre traversée… Océan Pacifique à Océan Indien. Dix minutes en voiture plus tard nous étions à la plage ! Nous nous sommes jetés à l’eau pour jouer avec les rouleaux ! La mer était d‘une limpidité impressionnante et la température d’une douceur surprenante !! La longue plage s’étirait le long de la cote et était équipée de tout ce qu’il faut à un backpacker pour être heureux. Toilette, barbecue, table de pique nique et douche de plage !! Nous avons admiré le soleil disparaitre dans une ultime lueur rouge au bout de l’horizon. Je me disais à ce moment là que le soleil devait être à son zénith en France.

Le lendemain on a visité Fremantle, un petite ville sur la cote et fait un tour à la brasserie de little Créature. Une merveilleuse bière blonde avec un arrière gout de Litchi !! Autour d'un verre, Armand et moi avons fait le point sur le voyage : il nous restait 44 jours avant la fin de validité de mon visa. Comme nous voulions rentrer une dizaine de jours avant à Sydney pour vendre le van, il ne nous restait plus que 34 jours de voyage. Le nombre de kilomètre encore à parcourir s’élevait à 8 614 km sans les détours. Découpé en étapes de 500 km en moyenne, cela revenait à 18 grosses étapes. Cela nous laissait encore 16 jours, que nous avons divisés en deux. Huit jours étaient alloués aux visites et au repos, les huit autres à bosser dans le fruit picking, recherches de taff comprises. Ca se présentait bien sur le papier, mais ca nous a permis de nous rendre compte du trajet considérable qui nous restait à faire !! Nous avons décidé de nous poser à Perth pour travailler une petite semaine avant de reprendre la route le long de la cote Ouest.

Le fruit picking (la cueillette des fruits) est un boulot très facile à trouver. Flexible, pas très bien payé mais pour peu qu’on fasse beaucoup d’heure par jour, ce travail manuel peut rapporter suffisamment pour soulager le porte feuille. En Western Australia, ce qui se fait le mieux, c’est le raisin. De Février à Avril, ce sont les vendanges et c’est le plein emploi. Il y a aussi les fruits et légumes comme les pommes, les fraises, les melons, les pastèques et les bananes. Les conditions peuvent être difficile surtout en été et il faut tomber sur le bon endroit, car parfois certains fermiers payent très mal pour le travail effectué, alors que d’autres paye assez bien pour se refaire de l‘argent rapidement. Plein d’entrain et près à mouiller la chemise, nous avons téléphoné à un numéro national qui met en relation les chercheurs d’emploi avec les fermiers ayant besoin de main d’œuvre. On appelle le standard et on nous dit d’aller au centre de Perth, pour se rendre à leur agence. On y va et on met un peu de temps à trouver la bonne adresse car la gonzesse de téléphone nous avait donné une mauvaise adresse devant laquelle s’étendait un terrain vague ! Arrivé à l’accueil, un jeune dame nous demande d’aller s’installer devant un poste informatique et de s’inscrire en ligne, puis de vérifier le site internet sur lequel figure toute les offres d’emploi ! On s’inscrit, puis on voit affiché sur le site : Offre d’emploi : 25 sur toute l’Australie !! A moins d’avoir un permis de conduire de catégorie 8 pour conduire des camions de mine ou avoir des qualité de comptable, il n’y avait rien sur le fruit picking. On retourne au guichet et la dame nous dit/ A ben non, cette année les vignes sont en retard, la siason des récoltes ne commencera pas avant deux semaines. Elle nous a dit d’aller d’attendre ou de tenter notre chance vers le nord ou il y a des plantations de fruit et de banane en particulier. Un peu déçu, nous avons repris la route vers le nord.

On a passé la nuit à Gin Gin, à80 km au Nord de Perth, et le lendemain matin on a questionné les commerçants du coin. Pas de boulot pour l’instant, nous a-t-on répondu. On a  continué à rouler plein Nord. Le jour d’après nous sommes arrivés dans la ville de Geralton, réputée pour la pêche à la langouste et les fruits et légumes. Aux abords de la ville, on s’est pointé chez un fermier qui cultivait des melons, mais il n’avait rien pour nous. Le gars était très sympa et dans un accent australien très prononcé, il nous a donné quelques adresses et numéros de tel de fermes susceptibles d’embaucher. On a appelé mais il n’y avait toujours pas de boulot !! On a commencé à se décourager. Notre dernier espoir était  Carnavaron, une région riche et fertile, où il y a de nombreuses plantations de Bananes. D’un commun accord, on s’est dit que si nous ne trouvons pas, nous essaierions dans le Victoria lorsque nous rentrerons sur Sydney. Entre temps, nous avons continué à visiter la cote Ouest.

La cote ouest est totalement différente de la cote est. Elle est plus sauvage, beaucoup moins touristique et les paysages sont plus variés et impressionnants. Il faut parfois rouler une journée entière avant de tomber sur un centre d’intérêt, mais généralement ca vaut le coup. L’immense majorité des habitants du Western Australia habitent au Sud ouest. Au Nord de Perth, la densité de population chute considérablement et il faut faire plusieurs centaines de kilomètres dans le bush avant de tomber sur une petite ville. Entre les deux il n’y a que des relais routier perdu au milieu de nulle part.  Seulement deux routes permettent de monter dans le Nord. Celle que nous avons empruntée est la Highway 1 qui longe la côte mais une autre route passe plus loin dans les terres essentiellement pour alimenter les mines de fer et d’or.

La cote Centre-Ouest est donc moins habitée, ce qui s’explique essentiellement par le manque d’eau. Le temps y est très sec tout au long de l’année et il n’y a pas de montagnes. Le sol est plat à perte de vue. Presque toutes les rivières que nous avons franchies étaient asséchées. Il faut monter vraiment plus au Nord pour commencer à trouver un cliamat plus humide, et là on tombe dans l’inverse à mesure que l’on approche de la zone tropicale.

La grande étendue désertique de bush commence à être vraiment intéressante au Nord de Carnavaron. La terre devient vraiment très rouge et comme on s’approche de la zone tropicale, le bush devient aussi plus vert à cause de la pluie qui tombe en trombe lors des orages. Rouler au travers de ces étendues colorées est un vrai plaisir. Le ciel bleu profond, la terre rouge, la végétation parsemée mais verte clair, la route grise qui disparait dans un mirage à l’horizon et ca et là un panneau jaune mettant en garde contre les kangourous ou le bétail qui gambade librement, compose un tableau merveilleusement équilibré en couleur. Encore plus au Nord, avant Karijini National Park, le relief commence à apparaitre, et d’immense massifs de roche rouge se dressent sur le paysage, on se croirait dans les westerns américains avec les montagnes rouges toute plates à leur sommet.  

Les températures et l’humidité aussi montent en flèche. Le jour où nous sommes arrivés à Carnavaron, il y avait fait une forte chaleur sèche pendant les semaines précédentes, et il s’est mis soudain à pleuvoir lourdement. Immédiatement, l’humidité est montée en flèche, on avait l’impression d’être devant une machine à lavée la vaisselle qui vient de se terminer lorsque l’on ouvre la porte. Sauf qu’on ne pouvait pas s’échapper de cette atmosphère moite et irrespirable, à moins d’aller se planquer dans un centre commercial fraichement climatisé. Cette nuit là a été horrible. On s’est garé en plein bush sur une aire de repos et on a tenté de s’endomir. La chaleur accumulée dans le van pendant toute la journée passée à roulé sous un soleil de plomb à rendu l’intérieur invivable ! Pour ne rien arranger, comme le moteur est sous le siège, la chaleur continue à s’en dégager pendant encore deux heures après avoir coupé le contact ! Même si la nuit avait apporté un relatif semblant de fraicheur, il n’y avait pas de vent. Il était impossible d’ouvrir les fenêtres sans se faire empaler par une dizaine de moustiques tigrés, affamé de sang frais. On a quand même entre ouvert les vitres avant en mettant les moustiquaires que nous avions fabriqué sur mesure. C’était pour le principe car c’était une véritable fournaise et il nous a fallu plus de deux heures avant de nous endormir, une fois que la chaleur s’était dissipée.

Autre inconvénient de la cote Ouest, et de taille, sont les mouches ! C’est une vraie plaie ! Imaginez-vous assis devant un beau paysage, à déguster une boisson fraiche en vous relaxant d’un long trajet au volant. A peine 30 secondes que vous êtes sorti de véhicule, deux ou trois mouches commencent à rôder autour. Mais elles ne se contentent pas de rester sur vos bras bien sagement, elles viennent vous explorer les narines, zozoter dans le lobe des oreilles, visiter la commissure des lèvres et vous attaquer le coin de yeux !!  Une minute plus tard, une dizaine de leurs copines rappliquent pour voir ce qui se passe et passer en revue votre anatomie faciale. Vous vous retrouvez bientôt avec un quinzaine de mouches qui gravitent en permanence autour de vous. Machinalement, vous agitez les bras devant votre visage pour les chasser, ce qui bien sur vous donne l’air absolument ridicule, et ce qui ne change absolument rien. Mais le pire c’est que vous vous fatiguez bien plus vite qu’elles, physiquement et surtout… mentalement. Ces insectes acharnées sont réellement capable, dans leur stupide acharnement, de vous rendre fou. C’est à se demander à quoi ces bestioles à miles yeux peuvent bien servir dans la nature ! Elles sont partout dans le bush, et parfois dans les petites villes. Et puis dès fois, allez savoir pourquoi, il n’y en a pas une seule ! La panoplie de bush man comporte bien quelques astuces pour s’en défaire. Le plus efficace mais peu gracieux FLY NET est un filet que l’on porte en permanence sur a tête afin de se protéger, mais il est impossible de boire ou manger avec, et certaine petite maline arrivent à se lisser dedans, ce qui est pire! Sinon le bush man possède un chapeau auquel il a accroché tout autour de petite ficelle au bout desquelles pendent des petit bouchons de liège. En s’agitant, les bouchons font fuir les mouches, mais je me demande si en même temps ils ne font pas fuir les derniers neurones qui vous restent encore dans le cerveau ! Le phénomène a atteint un sommet incroyable un soir que nous nous étions posés pour manger sur une aire de repos. Comme d’habitude au bout d’une minute, les mouches situés à 5 kilomètres à la ronde se passent le mot et foncent sur nous. Nous avions prévu les FLY NET, et équipé de notre arme spéciale on à commencer à faire la cuisine. Jambon-Purée mousseline au menu, sauf qu’on n’avait pas prévu pour les mouches, qui ne se sont pourtant pas privées. Ce soir là elles étaient extrêmement nombreuses et affamées.. Elles ont rappliqué en masse, par centaines, recouvrant nos bras et nos jambes, elles ont recouvert nos assiettes, nos fourchettes, se sont empêtrés les ailes dans la purée, et venaient se glisser dans notre bouche quand on avalait une bouchée !! Armand en a gober une en mangeant. Une d’entre elles s’est faufilée jusqu’au plus profond de ma narine, m’obligeant à éternuer un grand coup pour la chasser !! En frappant dans les mains à n’importe quel moment on en écrasait cinq ou six, mais l’espoir de toute les tuer était vain, même si la satisfaction de les voir tomber en valait le coup. Elles étaient complètement folles, et il y en avait des milliers !!! Il fallait qu’on tourne sur nous même pour arriver à manger notre jambon sans gober une mouche au passage !! Dégoutés, on était sur le point de débarrasser le plancher de cet endroit maudit lorsque d’un seul coup elles ont toute disparu ! Au loin, une grosse masse sombre avait rempli la moitié du ciel, il allait pleuvoir. Notre répit à donc été de courte durée. Nous avons tout juste eu le temps de plier bagage avant que de grosses gouttes ne tombent du ciel, lessivant la carrosserie de notre van qui avait de toute façon bien besoin d’un nettoyage. Nous avons repris de volant en ouvrant les vitres pour nous débarrasser des dernières mouches qui avait trouvé refuge dans l’habitacle, et nous nous sommes arrêtés à l’air suivante. La pluie avait cessé. Là il n’y avait plus de mouches, elles étaient partie se coucher… mais une horde de petits moustiques vicieux était bien décidés à ne pas nous laisser dormir…

Avant d’arriver à Carnavaron, nous avons fait une étape à SHARK BAY. Il s’agit d’une longue péninsule qui s’étire sur 150 km. C’est aussi là que se trouve le point le plus à l’Ouest de l’Australie. L’intérêt de shark bay réside dans sa réserve marine accolée au parc National François Perron, du nom de l’explorateur français qui explora les rives de Shark Bay en 1801 et en 1803. Il recensa plus de 20 espèces de mammifères. Deux cents ans plus tard, on en recensait plus que le tiers, du à l’exploitation agricole nocives pour la faune, et l’introduction d=par l’homme de renards, chats, chèvres et lapins qui ont bouleversé l’écosystème. En 1995 a été lancé le projet Eden, qui vise à réintroduire les espèces d’origines et d’éradiquer les animaux férals (espèces domestiques retournées à l’état sauvage). Le principe consiste à isoler la péninsule du reste du continent, au moyen d’une barrière électrifiée de 3,4 km de long. Aujourd’hui, de nombreuses espèces endémiques ont été réintroduites, comme les Woylies (souris marsupiales), les Bilbies (Souris marsupiale à oreille de lapin) et les Malle Fowls (sorte de perdrix). La longue route qui mène à Denham et Monkey Mia traverse un paysage aride de petits arbustes secs et longe la mer en offrant des vues à couper le souffle. L’eau est bleu turquoise ! Nous nous sommes arrêtés à la plage de Shell Beach. A la place d’y avoir du sable, ce sont de petits coquillages bancs qui croustillent sous les pieds. L’eau de la bay est particulièrement chaude et salée. Ce qui fait que ce n’était même pas la peine de nager, il suffisait de se mettre sur le dos les bras croiser derrière la tête pour flotter, exactement comme sur la mer morte ! Nous sommes arrivés à Denham, ou les Emeus se baladent en liberté dans la ville et déguster une bière en regardant le coucher du soleil dans l’Océan indien. Le lendemain matin, nous nous sommes levés tôt pour admirer les Dauphin à Monkey Mia, dans le parc National. Ils étaient une dizaine à venir pour se faire nourrir par les rangers ! C’était merveilleux, mais on n’avait pas le droit de les toucher ou de nager avec. Les rangers m’on laisser donner un poisson à un joli dauphin qui semblait me remercier avec son sourire et ses cris amicaux ! Vraiment une belle expérience !

 



Etapes :
Perth
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Damien JOLLY

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